La pédagogie inversée rend l'étudiant acteur de sa formation

Quoi de commun entre un cours de génie génétique, une initiation à la pratique scientifique expérimentale et des révisions en microbiologie ? Tous font l’objet d’innovations pédagogiques mises en oeuvre à l’ESTBB

Formation Actualité de l'école ESTBB Education

mis à jour le 31 janvier 2020
UCLy

Grands groupes, hétérogénéité des niveaux, étudiants passifs : pour répondre à ces problèmes classiques de pédagogie, l’ESTBB a mis en place des dispositifs variés faisant appel au digital.

Une démarche expérimentale de A à Z

Tout commence par le choix d’une problématique. Les étudiants étoffent ensuite leurs connaissances en conduisant une recherche bibliographique, élaborent un protocole expérimental pour tester une hypothèse et commandent le matériel dont ils auront besoin. Ils réalisent enfin l’expérience et interprètent les résultats. La pédagogie inversée est utilisée dans deux cursus de l’École supérieure de biologie-biochimie-biotechnologies pour placer les étudiants en situation de conduire eux-mêmes un projet de recherche expérimentale, sous la supervision des responsables d’études Rozenn Deligny-Llop et Élodie Niepceron.

"Étalé sur plusieurs mois, ce projet permet aux étudiants d’être actifs dans la conception d’une démarche expérimentale pour tester une hypothèse", explique Rozenn Deligny-Llop, responsable pédagogique de la licence Sciences de la vie. "Habituellement, ils réalisent des séances de travaux pratiques pour lesquelles tout a été pensé et mis au point par l’enseignant : bref, ils arrivent et mettent les pieds sous la table ! L’idée de ce module est d’inverser les choses, c’est à eux de mener la réflexion en amont et de faire le travail préparatoire avant l’expérience." Les étudiants découvrent alors la difficulté de concevoir un protocole expérimental rigoureux et l’étape de préparation d’une expérience qui peut être complexe en biologie. C’est également pour eux l’occasion de mettre en application les outils de la gestion de projet pour coordonner au mieux les nombreuses échéances intermédiaires et les différents livrables.

La pédagogie inversée en anglais

Dans certains cursus de l’école, des cours de biologie sont enseignés en anglais. Un moyen de soutenir le niveau de langue des étudiants et leur faire acquérir le vocabulaire scientifique et technique de leur futur métier. La pédagogie inversée a été retenue pour accompagner ces enseignements et favoriser la compréhension de tous, quel que soit leur niveau d’anglais. Les deux enseignants concernés, Emmanuelle Gormally et Philip Lawrence, ont mis au point un dispositif centré sur le travail en petits groupes après chaque cours. Certains étudiants préparent en français un exposé de synthèse du cours précédent qu’ils présentent ensuite devant la promotion lors du cours suivant. D’autres groupes élaborent le glossaire des termes nouveaux vus dans le cours, avec traductions et définitions en français, ou rédigent vingt questions
de QCM sur le cours précédent.

Etudiante ESTBB dans un laboratoire

Moodle, une plateforme collaborative

Ces productions en anglais sont déposées sur la plateforme pédagogique Moodle et partagées avec tous les étudiants de la promotion. Elles sont ensuite corrigées et commentées par les enseignants, toujours sur la plateforme. « Les étudiants apprécient cette pédagogie active et inversée, où ils produisent eux-mêmes des documents pour accompagner leur compréhension du cours, confirme Philip Lawrence, enseignant en Genetic engineering. Les exposés à chaque début de cours leur permettent de vérifier qu’ils ont bien compris le cours précédent et de combler les lacunes éventuelles. Le glossaire, qui se construit cours après cours sur Moodle, est bien sûr un élément très important d’appropriation du vocabulaire en anglais, ce qui est un des objectifs du dispositif. Enfin, ils utilisent la banque de QCM comme outil de révision avant l’examen. »

Etudiant de l'ESTBB en laboratoire

Des révisions actives et interactives

Comment rendre moins fastidieuses des séances de révision et faire participer tous les étudiants ? Élodie Niepceron, enseignante en microbiologie, a choisi Kahoot ! et Jeopardy, deux plateformes de jeux, pour proposer des révisions actives. Kahoot ! permet d’organiser des quiz en ligne, accessibles sur smartphone ou ordinateur. L’enseignante les propose durant la séance, et les résultats affichés en temps réel lui permettent de reprendre après chaque question les notions mal comprises. Pour Jeopardy, le principe est bien connu : il faut trouver la question à partir de la réponse. Une excellente manière de tester la maîtrise des définitions et des termes techniques du cours. Le petit plus ludique utilisé par l’enseignante : des buzzers pour favoriser l’émulation entre les équipes d’étudiants. « On a tous dans nos promotions des étudiants en retrait, poursuit Élodie Niepceron. Ceux qui ne lèvent jamais la main, attendent qu’un autre propose une réponse ou qui ne disent rien même quand ils n’ont pas compris. Je m’appuie sur l’interactivité de Kahoot ! et le côté ludique de Jeopardy pour obtenir la participation de tous. Et ça marche ! Ces séances de révision sont très dynamiques et les étudiants les apprécient. »

Exemple d'un quiz en ligne utilisé avec un smartphone pendant un cours :
Exemple quizz en ligne avec un smartphone pendant un cours ESTBB

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