Professionnalisation et accompagnement, une mission primordiale

L’une de nos plus importantes missions réside dans l’accompagnement de nos apprenants

Droit

mis à jour le 13 décembre 2019
UCLy

L’une de nos plus importantes missions réside dans l’accompagnement de nos apprenants, qu’ils soient étudiants en formation initiale, en formation continue, stagiaires ou auditeurs. Cet accompagnement porte avant tout sur la pédagogie et l’environnement des études.

J’ai donc tout naturellement commencé ma carrière à la Faculté de droit par une charge d’enseignement en travaux dirigés durant laquelle j’ai accompagné pendant plus de huit ans les étudiants dans la construction de leurs apprentissages fondamentaux et méthodologiques. L’enseignement s’effectuait en petit groupe d’une vingtaine d’apprenants permettant de suivre de très près les progrès de chacun. Puis j’ai eu en charge divers enseignements en cours magistraux où j’ai découvert une relation plus académique et plus formelle avec les étudiants. Si la manière d’enseigner diffère dans un amphithéâtre, nous veillons toujours à ce que nos effectifs restent à taille humaine afin de maintenir une certaine proximité avec nos étudiants. Mais c’est surtout dans l’accompagnement individuel des étudiants que l’UCLy se singularise.

C’est dans le cadre de cet accompagnement au cas par cas que j’ai exercé la fonction de directeur pédagogique en charge de la troisième année de licence en droit public. J’ai eu la chance de découvrir une nouvelle facette de la relation pédagogique. Ma mission consistait à rencontrer chacun des apprenants individuellement pour mieux connaître leurs parcours, les aider à organiser leurs études, les encourager dans leurs succès et les soutenir pour surmonter leurs difficultés. Ce type d’accompagnement fondé sur une relation personnelle avec l’étudiant permet d’appréhender la situation globale de chaque apprenant et de mieux cerner ses attentes face à l’avenir.

Cette mise en perspective m’a amené à réfléchir sur la professionnalisation des apprenants, mission dont j’ai aujourd’hui la responsabilité. Les études de droit ouvrent de très nombreuses voies allant de métiers purement juridiques à l’exercice de fonctions supports dans divers organismes (entreprises, associations, institutions, etc.) dont le métier de base n’est pas purement juridique. La richesse des débouchés conduit parfois l’étudiant à se poser assez vaguement la question du choix professionnel, des stages, des métiers. Il se dit qu’il verra plus tard puisque le droit mène à tout ! Pourtant, une fois engagé dans un domaine d’étude comme le droit, la question porte moins sur l’orientation que sur le métier lui-même. S’il reste encore un peu de temps pour se décider, le moment de préciser une voie professionnelle se rapproche à grand pas ! Bien sûr, il ne s’agit pas de donner aux apprenants un métier en sortie de licence mais plutôt à les aider à réfléchir en se projetant l’espace d’un entretien, le temps d’un stage ou d’un échange, hors de leurs études, dans leur avenir professionnel. Cet « esprit métier » est toujours utile même si l’étudiant souhaite poursuivre ses études. D’autant plus qu’en troisième année de licence la question des masters se pose très concrètement. Cette question implique d’affronter une sélection plus ou moins difficile selon l’objectif souhaité. Or, la meilleure stratégie pour convaincre un recruteur (pour un stage, un master, un emploi) est que l’étudiant montre que ses objectifs sont clairs et motivés. Le droit, présent partout, permet de mêler les compétences. Les objectifs comptent donc plus que les illusions d’un parcours «type».

Mon histoire professionnelle le montre. J’ai commencé ma carrière dans l’automobile comme ingénieur. J’ai travaillé pour des constructeurs et des équipementiers. En 1995, je me suis investi dans le domaine de l’écologie automobile en travaillant essentiellement sur des projets de formation. Je suis devenu consultant ce qui m’a amené à participer à de nombreux projets impliquant des juristes.

Habitué à la rigueur algorithmique et aux mathématiques, je fus d’emblée surpris par le mode de raisonnement juridique. J’ai alors décidé de suivre des études de droit non pour devenir juriste mais plutôt par curiosité intellectuelle. Après une maîtrise de droit privé obtenu à l’université Lyon III, j’ai choisi d’intégrer le master recherche en histoire du droit. Mon objectif était alors de parvenir à comprendre en profondeur les origines et les fondements de la pensée juridique, mon sujet de thèse portait sur la définition de la science du droit à Rome, berceau de la technique juridique. Je n’ai pas pour autant abandonné le droit contemporain et ses applications concrètes bien au contraire. Passionné et façonné par les sciences et les techniques, j’ai choisi de m’intéresser au numérique et à son impact sur le droit. C’est donc assez naturellement que la Faculté de droit m’a proposé de travailler sur la thématique de l’articulation du droit, du numérique et des nouvelles technologies. Je suis responsable pédagogique d’un diplôme universitaire (DU Juriste Digital) consacré à la protection des données personnelles et qui constituent désormais mon champ de recherche. Il me semble donc évident que le métier de juriste se transforme et que de nouveaux métiers surgissent, de nouvelles articulations hors du droit lui-même. Notre rôle d’enseignant est de préparer le mieux possible nos étudiants à ces mutations en les accompagnant pour qu’ils ne cessent de croire en eux et d’avoir confiance en leur avenir.

Emmanuel DE VAUJANY, Directeur développement entreprises et talents

Découvrez
L’ actu de l’UCLy