Littérature du XVIIe siècle 1 et 2

Fiches ECTS des cours de Littérature du XVIIe siècle 1 et 2 enseignés dans le cadre du programme de la Licence de Lettres modernes.

  • Crédits ECTS : 3 par semestre
  • Enseignante : Aude VOLPILHAC
  • Semestres 3 et 4
  • Volume horaire : 22h par semestre

Fiches ECTS des deux cours
Littérature du XVIIe siècle 1 et 2

Prérequis pour le cours

Avoir lu les œuvres au programme.

Objectifs

L’objectif de ce cours est d’approfondir et d’affiner les connaissances des étudiantes et étudiants sur la littérature du XVIIe siècle à travers l’étude suivie de plusieurs œuvres dont la plupart des extraits seront distribués en cours. Outre ce savoir positif, il s’agira d’acquérir une méthode rigoureuse de l’explication de texte tout en se familiarisant avec les outils méthodologiques de l’étude littéraire. Au terme du semestre, les étudiants et étudiantes sauront analyser des textes littéraires en convoquant les notions-phares de l’historiographie littéraire (roman, classicisme, baroque, etc.) et de la narratologie (description, personnage littéraire, etc.).

Contenu

Le discours amoureux dans la littérature du XVIIe siècle : parler d’amour à l’ère du soupçon

Que la peinture de la passion amoureuse soit au cœur de la littérature est une évidence ; mais les spécificités historiques d’une telle représentation ne doivent pas être occultées. En effet, au XVIIe siècle, elle procède d’une certaine conception de la manière dont on doit en maîtriser les effets mais aussi les signes visibles qu’on laisse paraître à ceux qui nous entourent. Or, le propre de la passion amoureuse consiste précisément à être débordé par des émotions diverses (dépit, jalousie, etc.) qu’on peine à réprimer et à cacher à ceux qui vous regardent. Le texte littéraire cherche précisément à rendre compte de la complexité de cette intériorité déchirée par des procédés littéraires variés (monologue intérieur, intervention du narrateur, description conventionnelle des signes de la passion comme le fait de rougir, etc.).

Dans la littérature du XVIIe siècle, cette conception de la passion amoureuse entretient un lien particulier avec le discours amoureux. A partir de l’analyse fameuse de R. Barthes, on abordera la manière dont les textes littéraires du XVIIe siècle, – qu’il s’agisse de la prose du début ou de la fin du siècle (L’Astrée d’Honoré d’Urfé et La Princesse de Clèves de Madame de Lafayette), de la poésie galante ou du théâtre (Mélite, Le Menteur et La Suite du Menteur, La Place Royale de Corneille) -, met en mots le discours amoureux. Il ne s’agira pas seulement d’une approche stylistique qui interrogera les procédés par lesquels on dit qu’on aime et comment il faut aimer (le monologue ou le dialogue, l’aveu direct ou indirect, la subjectivité lyrique, le psycho-récit, la rhétorique conventionnelle traduisant l’intensité des sentiments, l’art de l’ellipse et de l’allusion, la métaphore, etc.) ; on s’intéressera aussi aux dispositifs de ce discours amoureux et à ses enjeux psychologiques comme à ses enjeux théoriques : en effet, tout au long du XVIIe siècle, la littérature devient un fabuleux laboratoire de la conceptualisation de l’amour. Ainsi, les personnages littéraires ne cessent de parler d’amour entre eux, ces échanges donnant souvent lieu à des désaccords et à des points de vue incompatibles entre une conception idéalisée de l’amour héritée du néo-platonisme et une approche plus réaliste, voire plus libertine du désir, qui fait la part belle au plaisir et au refus de l’aliénation amoureuse comme à la critique des mythes mensongers de l’amour éternel. Parler d’amour relève aussi d’un ensemble de conventions et de normes qu’il faudra identifier, et en premier lieu les normes liées au genre (on ne parle pas et on ne peut pas parler d’amour de la même manière quand on est un homme ou une femme au XVIIe siècle). Enfin, on verra aussi comment, alors que se met en place tout au long du siècle un idéal de la galanterie qui cherche à penser des rapports harmonieux entre les hommes et les femmes, le discours amoureux fait l’objet d’une suspicion vécue souvent de manière douloureuse par les personnages trahis : comment les mêmes mots de l’amour peuvent aussi bien être authentiques que faux et trompeurs ? On abordera ainsi le doute permanent qui traverse les œuvres littéraires sur la valeur des mots d’amour, et qui interroge, au fond, dans un effet de mise en abyme, le statut même du texte littéraire.

Références bibliographiques

Œuvres au programme :

  • D’URFE, Honoré, L’Astrée, Paris : Gallimard, « Folio », 1984.
  • CORNEILLE, Thomas, La Place Royale, Marc Escola éd., Paris : GF, 2001 (mise à jour en 2024).
  •  LAFAYETTE Madame de, La Princesse de Clèves, édition au choix.

Conseils bibliographiques :

  • MAUPAS, Matthieu, La Galanterie comme mode de vie, Paris : Classiques Garnier, 2023.

Méthodes d’évaluation

Au moins un contrôle continu durant le semestre, et une évaluation terminale pendant la session d’examens.

Prérequis pour le cours

Avoir lu les œuvres au programme.

Objectifs

L’objectif de ce cours est d’approfondir et d’affiner les connaissances des étudiantes et étudiants sur la littérature du XVIIe siècle à travers l’étude suivie de plusieurs œuvres dont la plupart des extraits seront distribués en cours. Outre ce savoir positif, il s’agira d’acquérir une méthode rigoureuse de l’explication de texte tout en se familiarisant avec les outils méthodologiques de l’étude littéraire. Au terme du semestre, les étudiants et étudiantes sauront analyser des textes littéraires en convoquant les notions-phares de l’historiographie littéraire (roman, fiction, comédie, etc.) et de la narratologie (description, personnage littéraire, narration, imagination etc.).

Contenu

Science et fiction dans la littérature du XVIIe siècle

Si nos esprits modernes opposent spontanément science et littérature, aussi bien dans leurs objets que dans leur démarche et leur langage, cet antagonisme n’est guère pertinent pour penser les liens profonds et complexes qu’entretiennent ces deux éléments au XVIIe siècle.

À l’orée du XVIIe siècle, l’invention puis le perfectionnement des instruments d’optique comme le télescope ont favorisé l’émergence d’une nouvelle astronomie dont les principes essentiels (héliocentrisme, rotation de la Terre sur elle-même, taches du Soleil…) furent jusqu’à la fin du siècle fermement contestés par l’Église, dont les dogmes se voyaient ébranlés par cette nouvelle représentation de la Terre et du cosmos. Il faudra plusieurs décennies pour que cette nouvelle conception de l’univers s’impose dans les esprits et le passage du monde clos à l’univers infini, pour reprendre le titre du célèbre ouvrage d’Alexandre Koyré (Du monde clos à l’univers infini, Paris, Gallimard, 1962), nécessita donc de lutter contre de nombreux préjugés, chrétiens mais aussi communs, car ces découvertes allaient à l’encontre des évidences sensibles. La « révolution astronomique », qui désigne la période qui s’étend de 1543 (date du livre de Copernic) à 1687 (publication des Principes de Newton), ne concerna pas seulement les milieux savants mais suscita un véritable engouement jusque dans les salons mondains des honnêtes gens. Savoir encore conjectural, elle chercha tous les moyens de validation auprès des savants mais aussi de l’élite lettrée qui se passionnaient pour les hypothèses scientifiques qui étaient alors formulées : la Lune est-elle habitée ? Combien de mondes sont contenus dans le cosmos ? Ce dernier est-il infini ? Le fameux « Pourquoi non ? », formulé à l’orée du voyage imaginaire de Cyrano de Bergerac, est l’emblème de l’effervescence intellectuelle d’une époque où, pour certains, les découvertes astronomiques non seulement faisaient vaciller les certitudes trop communément admises mais ouvraient aussi le champ spéculatif des possibles. Mais l’enjeu est aussi d’un autre ordre : en effet, l’astronomie fut un champ du savoir jugé longtemps illicite par l’Église depuis la condamnation formulée par saint Augustin de la libido sciendi, le désir de savoir ou la curiosité, qui dénonçait la vanité des sciences du ciel, accusées de détourner du salut et de Dieu. Les dispositifs fictionnels comme la langue littéraire qui prennent pour sujet les nouveautés du ciel participent à l’instauration de cette nouvelle représentation du monde tout en favorisant la diffusion des savoirs, la réhabilitation et la promotion de la curiosité scientifique. Il s’agit d’entériner le virage épistémologique favorisé par la révolution copernicienne, lui donner son assise dans les esprits mais, pour ce faire, il faut le rendre intelligible et accessible à ceux qui sont prêts à se laisser désorienter par ce nouveau savoir… Du moins, pour les hommes, car les femmes sont souvent exclues du champ de la science.

On abordera en dernier lieu la question centrale du rapport entre science, fiction et femmes au XVIIe siècle : on repèrera comment la littérature a contribué à disqualifier les femmes curieuses de savoir par la satire (Boileau, Molière) en inventant le personnage-repoussoir de « femmes savantes » ;  mais on verra aussi comment certaines d’entre elles, à l’instar de Madeleine de Scudéry, ont proposé des manières d’empiéter sur ce terrain que les hommes s’était réservé.

Références bibliographiques

Œuvres au programme :

  • CYRANO DE BERGERAC, Voyage dans la lune, Maurice Laugaa ed., Paris : GF, 1970.
  • FONTENELLE, Entretiens sur la pluralité des mondes, Christophe Martin ed., Paris : GF, 1998.
  • MOLIERE, Les Femmes savantes (édition au choix)

Les autres extraits seront distribués en cours.

Conseil bibliographique :

  • AÏT-TOUATI, Frédérique, Contes de la lune. Essai sur la fiction et la science modernes, Paris, Gallimard, 2011.
  • Théâtres du monde. Fabriques de la nature en Occident, Paris, La Découverte, 2024

Méthodes d’évaluation

Au moins un contrôle continu durant le semestre, et une évaluation terminale pendant la session d’examens.

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