La pensée métisse face à la mondialisation : difficile et urgente exigence

Séminaire organisé par le Département de Psychologie-SHS de l’UCLy et l’ORSPERE-SAMDARRA (CH le VINATIER), autour de Jean FURTOS, psychiatre des hôpitaux honoraire, Directeur scientifique honoraire de l’ONSMP, Orspere-Samdarra et François LAPLANTINE, professeur émérite d’anthropologie, Université Lyon 2.

Qu'est-ce que la pensée métisse ?

Il faut avoir l’audace de dépasser le métissage en tant que réalité biologique. La pensée métisse appréhendée dans ce séminaire dépasse la métaphore de tout phénomène d’hybridation. Elle n’est pas non plus une variante du syncrétisme. Le métissage est un processus fragile de transformation de soi né de la rencontre des autres, révélateurs des potentialités qui sont les nôtres, non pas à être différent des autres mais de nous-même dans le temps. Dans les questions indissociablement épistémologiques, cliniques, éthiques et politiques qu’il pose, le métissage nous invite à l’expérience d’une pensée du processus, alternative à la pensée binaire, celle du signe et de la catégorie qui oppose la raison et l’émotion, l’intelligible et le sensible, les idées et les images, le signifié et le signifiant, la santé et la maladie, l’autochtone et l’étranger, « l’Occident » et les constructions fantasmatiques d’un autre absolu.

Une pensée métisse ne vise pas seulement à mettre en question les tentations différentialistes opposant le dedans et le dehors, le pur et l’impur, le nous et les autres.

Entrer aujourd’hui en métissage, c’est entrer en résistance contre la subordination à l’un : l’unité par réduction des différences (d’âge, de genre, de culture, de territoire, de croyance, de goût), l’indifférenciation, l’indifférence, un « centre » hégémonique et des périphéries subalternes, la mondialisation comme occidentalisation et mercantilisation. Tenant compte de la violence de l’économie néo-libérale et des situations de vulnérabilité et de souffrance sociale et psychologique qu’elle génère, comment ouvrir un horizon de connaissance et d’action qui ne soit ni celui des modèles visant l’intégration totale par dissolution des singularités, ni celui préconisant le repli sur les origines ?

Comment désintriquer l’universel – qui est l’un tendu vers l’autre – de l’universalisme et en particulier de l’universalisme dit « républicain » et nous affranchir du couple de l’universalisation et de la relativisation, de l’indifférenciation et de la séparation ? Comment dire l’universel à l’envers ? Non pas comme donné posé, postulé ni a fortiori imposé ; ni comme principe mais comme processus ; ni comme état mais comme devenir et comme éthique pour l’action.

Programme 2020-2021

  • 13 octobre : Introduction au séminaire (Laurent Denizeau, anthropologue, UCLy). Réflexions autour de la crise sanitaire : « Entre contagiosité virale et contagiosité psycho-sociale : comment éviter le monoïdéisme ? » François Laplantine et Jean Furtos
  • 3 novembre : Introduction à la pensée métisse, François Laplantine et Jean Furtos
  • 24 novembre : « Une conception métisse du destin » Jean Furtos
  • 15 décembre : « Le théâtre comme acte du dédoublement et pensée de la division : devenir un autre, jouer des rôles et déjouer le jeu social » François Laplantine
  • 12 janvier : « Métisser le genre, l’apport des subjectivités trans » Denise Médico (Professeure au département de sexologie, Université du Québec à Montréal)
  • 2 février : « Être au seuil : éthique et politique » Alexis Nuselovici (Nouss, Professeur de littérature générale et comparée, Université d’Aix-Marseille, Directeur du Groupe « Transpositions » Centre interdisciplinaire d’étude des littératures d’Aix-Marseille, EA 4235)
  • 9 mars : « Modernité, mondialisation et rythmes : entre valorisation de la promptitude et discrimination de la lenteur » Laurent Vidal (Historien, Enseignant-chercheur à La Rochelle Université, Directeur du Centre de Recherche en Histoire Internationale et Atlantique)
  • 23 mars : « Le rêveur à son métier : la métaphore du tissage dans la fabrique du rêve et de la pensée » Jean-Claude Rolland (Psychanalyste, membre de l’Association psychanalytique de France)
  • 4 mai : « Quel est l’enfoiré qui a commencé le premier ? Regards sur la Yougoslavie » Laure Borgomano (Administratrice civile hors classe du Ministère des Armées, anciennement Conseillère politique à la Représentation permanente de la France à l’OTAN)

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Contact

Sylvie Villevieille
Assistante Département de Psychologie-SHS

04 72 32 50 91
shs@univ-catholyon.fr