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Continuité pédagogique et confinement VI

Le confinement s’est invité pendant le carême, la semaine sainte et le temps pascal, périodes particulières pour les étudiants et enseignants du Pôle Théologie et Sciences Religieuses. Si, depuis le début du confinement, l’ensemble des cours et travaux dirigés a pu être assuré à distance, il reste deux défis à relever : les examens et les leçons à tirer de cette période inédite, pour l’avenir.

Le Pôle Théologie et Sciences Religieuses est composé de 2 entités, la Faculté de Théologie et l’Institut Pastoral d’Études Religieuses. Deux centres, le Centre d’Études des Cultures et des Religions et le Centre Chrétien pour l’Étude du Judaïsme, ainsi que trois chaires, sont également liés à ce pôle.

La Faculté de Théologie


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Théo en ligne, formation star du confinement

Visioconférences sur Lifesize, cours déposés sur Moodle, classes inversées, etc. : le confinement est l’occasion pour la Faculté de Théologie d’innover et de faire évoluer les pratiques d’enseignement. Elle a pour cela pu s’appuyer sur Théo en ligne, son dispositif de formation universitaire en théologie à distance, qu’elle propose depuis 14 ans. « Théo en ligne nous a aidé ; il constitue une première expérience de cours à distance » explique Jacques Descreux, Doyen de la Faculté de Théologie.

Inversement, cette période est aussi une occasion d’interroger les pratiques de Théo en ligne, car la perception des enjeux de l’enseignement à distance a été modifiée. « Cela nous donne des idées, poursuit Jacques Descreux. Une séance de questions/réponses par visioconférence pourrait trouver sa place sur Théo en ligne. Nous nous sommes aussi rendus compte que nous donnions plus de travail aux étudiants Théo en ligne qu’à nos étudiants en présentiel ! »

Si Théo en ligne n’a pas été, de fait, impacté par le confinement, l’équipe a souhaité faire largement découvrir le dispositif, en proposant 3 semaines de cours gratuits. « Certaines personnes ont plus de temps libre dû au confinement. Nous avons souhaité qu’elles puissent faire fructifier cette période en nourrissant leur foi et en goûtant à la théologie » explique Marie-Laure Chaieb, Directrice de Théo en ligne. Notamment relayée sur les réseaux sociaux, dans la newsletter du pôle et dans le magazine du diocèse de Lyon, cette « offre découverte » a été un succès : près de 400 personnes se sont inscrites et près de 10% d’entre elles continuent aujourd’hui, en tant qu’auditeur libre ou étudiant. Pour Mireille, qui a suivi le cours sur les vitraux de la cathédrale de Chartres, Théo en ligne a été un vrai ressourcement : « J'ai vraiment profité de cette approche de l'art en qualité d'auditeur libre. Les cours sont très clairs et ce n'est que du bonheur de prendre du temps pour les apprécier ».

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Des examens basés sur les compétences

Prochain défi : les examens. Chaque enseignant a pu choisir entre trois formats d’examen : oral, écrit avec documents à disposition ou bien encore QCM.

Si les oraux peuvent se dérouler par visioconférence ou par téléphone, les écrits, quant à eux, doivent être modifiés. Les étudiants recevront leur sujet le 11 mai et auront trois semaines pour renvoyer leur devoir.

Chaque sujet d’examen sera validé auparavant par le vice-doyen de la Faculté de Théologie, Frère Élie Ayroulet. Il s’assurera que chaque étudiant doive fournir la même somme de travail pour réussir cette session d’examen à distance. L’enjeu sera donc de tester, non pas les connaissances des étudiants, mais bien leurs compétences, c’est-à-dire leur capacité à analyser un sujet, à organiser leur réflexion et à argumenter.

L’IPER

Soigner sa relation à l’autre

L’Institut Pastoral d’Études Religieuses (IPER) a fait plusieurs choix organisationnels pour prendre soin des étudiants et leur faciliter la tâche :

• Tous les cours et TD sont assurés en visioconférence par Lifesize pour générer un « rituel »

• Les cours, normalement concentrés sur deux journées, ont été pour certains déplacés, afin que les journées soient moins denses

• Toutes les visioconférences sont enregistrées et envoyées aux étudiants malades et à ceux dont les connexions sont trop instables, pour qu’ils ne décrochent pas

• Certains délais de rendu de travaux ont été prolongés, notamment pour les mères de famille pour qui la période est plus dense que d’habitude (une grande partie du public IPER)

« Soigner la relation à l’autre est un des points de vigilance de l’IPER en temps normal. On ne vient pas seulement à l’IPER pour suivre une formation et avoir un diplôme. L’IPER est une expérience humaine et communautaire, caractérisée par une qualité relationnelle, des temps de convivialité et de célébration, une attention à chacun, qui prend encore plus de sens aujourd’hui » explique Bénédicte Della Faille,Directrice de l’IPER.

Cette attention aux autres, l’équipe pédagogique la met en œuvre quotidiennement, pour assurer la « hotline » technique, mais aussi pour échanger avec les étudiants sur les difficultés personnelles vécues en ce moment. Les étudiants en sont reconnaissants, comme nous l’écrivent Sophie : « merci à toute l'équipe pédagogique de nous initier à ces dépassements et de nous permettre de partager nos peines, freins, et petites résurrections quotidiennes » ou encore Zoïla : « mes enfants étudiants sont un peu jaloux… ils n'ont pas de cours en visio... et les universités ne sont pas toutes aussi réactives que l'UCLy. »

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S’adapter … avec bon sens

Plusieurs évènements, une dimension pastorale et professionnelle, sont reportés après la rentrée universitaire. Ils seront enrichis de l’analyse des moments que nous vivons aujourd’hui. « Que ce soit le colloque sur le thème de l’hospitalité ou la journée de rentrée, il est évident que nous intégrerons ce que nous avons vécu. Personne ne souhaite redémarrer l’année comme si c’était une année normale » ajoute Bénédicte Della Faille.

Du côté des examens, le calendrier est maintenu. Les modalités ont été revues pour s’adapter à la situation. Les écrits seront des sujets de synthèse ou de réflexion personnelle, à réaliser dans un temps imparti. « Spécialité IPER », la relecture de fin de parcours est maintenue pour les diplômés de l’année. Comme lors d’une retraite spirituelle, l’étudiant est invité, sur la base d’un récit écrit, à témoigner devant un jury d’enseignants : Quel impact cette formation a-t-elle eu sur sa vie professionnelle et familiale, sa relation aux autres, au monde et au Christ ? La fin d’année sera fêtée lors d’un « apéro Lifesize » avec les étudiants diplômés et l’équipe pédagogique, comme une vraie famille !

S’interroger pour l’avenir

Au cours de prochains mois, L’enjeu du Pôle Théologie et Sciences Religieuses sera de penser l’après, à la lumière de la crise traversée.

« Il nous faut repenser une partie de la formation, en intégrant les dimensions de vulnérabilité et d’incertitude que nous avions oubliées et qui caractérisent nos vies aujourd’hui et pour peut-être longtemps. La formation est avant tout une tâche d’humanisation. Prendre en compte une part qui nous échappe, savoir s’adapter en permanence » conclut Bénédicte Della Faille. En bref, « s’attendre à l’inattendu », comme le préconise le philosophe et sociologue Edgar Morin.

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Toutes les mesures prises par l'ESDES dans le cadre de la continuité pédagogique au sein du Pôle "Sciences Économiques et Management" sont consultables sur leur site : www.esdes.fr