Frédéric Luczak, étudiant au DU " Philosophie de l'ostéopathie "

Publié le 21 avril 2015 Mis à jour le 21 juillet 2017

" La participation de l'équipe enseignante à ces pratiques amène un plus dans le sens où la mise en mots de leur ressenti respectif via une solide culture universitaire, catalyse d'une certaine manière notre réflexion. "

Frédéric Luczak - Étudiant DU

Frédéric Luczak - Étudiant DU "Philosophie de l'Ostéopathie"

Pourquoi vous être inscrit au D.U « Philosophie de l'ostéopathie » ? 

Principalement pour deux raisons : d'une part pour retrouver le milieu universitaire que j'avais déjà connu en 2009 lors d'un autre D.U et qui m'avait plutôt fait bonne impression, et d'autre part, pour aborder réellement la philosophie de l'ostéopathie chère à A.T.Still.

Que vous apporte cette formation par rapport à votre formation initiale d'ostéopathe ? 

J'ai terminé ma formation initiale d'ostéopathe il y a bientôt 18 ans et j'avoue que le cursus suivi à l'époque abordait peu la question de la philosophie de l'ostéopathie. Au travers de cette formation, je redécouvre les écrits de A.T.Still ainsi que ceux d'autres auteurs (pas forcément ostéopathes) sous un éclairage différent à savoir celui de la philosophie, de l'anthropologie, de la psychanalyse et de la théologie.



Y a-t-il déjà pour vous une forme de mise en application de ce que vous travaillez au D.U dans votre quotidien d'ostéopathe ?

Pour ma part, non. Ma pratique professionnelle évolue à son propre rythme avec le temps comme tout un chacun. Je dirais plutôt que, si changement il y a, cela se passe au niveau intellectuel dans le sens d'un effort de réflexion et d'élaboration des idées, des expressions et des concepts concernant l'ostéopathie. Bref, cela m'amène progressivement à modifier mon discours et à avoir également un esprit un peu plus critique lorsque je parcours de la littérature ostéopathique.

Que pensez-vous de l'articulation entre réflexion philosophique et travail pratique durant la formation ?

Je dois avouer que c'est un moment particulier de chaque session car les débats et partages d'idées qui en émergent sont à chaque fois d'une richesse inattendue pour moi ; cela amène toujours autant de réflexions et de questions sur cette « philosophie de l'ostéopathie » et malgré une expérience avancée (mais jamais terminée), je me surprends à découvrir de nouvelles choses par le biais de l'échange intergénérationnel. D'autre part, la participation de l'équipe enseignante à ces pratiques amène un plus dans le sens où la mise en mots de leur ressenti respectif via une solide culture universitaire, catalyse d'une certaine manière notre réflexion.

Comment cette formation vient questionner votre activité professionnelle ?

Cette formation a fait resurgir une question à laquelle j'avais peu réfléchi à savoir la question du sens : quel sens cela a-t-il pour moi d'exercer un tel métier ? Dans quelle mesure ma vie a-t-elle changé dans le registre de la perception de l'autre et de la vie en général ? La réponse est pour l'instant en cours de cheminement...

Lors des sessions, quelle est la thématique qui vous a le plus marqué et pourquoi ? 

Tous les thèmes abordés sont extrêmement intéressants, certains plus ardus que d'autres mais j'en retiendrais principalement deux :
En premier lieu celui de la psychanalyse car cela m'est apparu comme très proche de l'ostéopathie par de nombreux aspects : les figures emblématiques des fondateurs, les similitudes de parcours, le positionnement commun face à la médecine conventionnelle et puis surtout la prise de conscience d'une « clinique du sujet » (ostéopathie, psychanalyse) face à une « clinique de l'objet » (médecine conventionnelle).
En second lieu, je dirais le rapport d'A.T.Still avec la question de Dieu ; sujet extrêmement sensible et parfois déroutant pour la plupart des ostéopathes mais la relecture des écrits du fondateur de l'ostéopathie via le « prisme universitaire » m'a amené à réviser mes positions à ce sujet. Cela n'a en rien changé mon opinion (que l'on soit croyant, agnostique ou bien athée) par rapport à la religion, mais je dirais que la vision « Stillienne » du divin et du rapport à l'ostéopathie a été quelque peu « déformée » voire « expurgée » par le monde ostéopathique. La question que l'on pourrait se poser est : Pourquoi ?

Que souhaitez-vous dire à des ostéopathes qui découvrent l'existence de cette formation ?

Je dirais que c'est sans doute l'opportunité pour chaque ostéopathe qui le désire de revenir aux fondamentaux philosophiques de notre belle profession. Ici il n'y aura pas d'apprentissage de nouvelles techniques mais plutôt la redécouverte de l'ostéopathie via les sciences humaines. L'encadrement de ce D.U est réalisé par une équipe pédagogique pluridisciplinaire de haut vol, ambiance chaleureuse et conviviale mais toujours rigoureuse quand il s'agit de parler d'ostéopathie. Bref, une expérience passionnante selon moi mais qui demande à chaque participant un minimum de travail à fournir régulièrement.