Cycle de conférences : Pratiques de soin en situation d’interculturalité

Publié le 19 juillet 2017 Mis à jour le 19 juillet 2017
Le monde mute, le soin se transforme en raison des effets de la mondialisation. Cette dernière entraîne des conséquences au niveau de la vie socio-culturelle et politique ainsi que dans la clinique, et dans les pratiques de soignants. L’importance des mouvements migratoires rend nécessaire l’étude de leurs effets sur nos conceptions du collectif, du rapport à l’autre, y compris dans la relation thérapeutique. Aujourd’hui, la diversité des approches cliniques en situation d’interculturalité est de plus en plus reconnue. Elle n’en demeure pas moins une préoccupation à toujours adapter à un contexte relationnel : Comment prendre soin dans une situation où les protagonistes ne partagent pas une même vision du monde, les mêmes représentations du corps ? Comment entrer dans une démarche de soin nécessairement inscrite dans une culture, en laissant place à l’autre dans sa singularité culturelle sans s’en trouver pour autant déstabilisé ?
Penser une clinique interculturelle, c’est comme un déménagement psychique où les protagonistes du soin, sont capables de se déplacer de leurs repères culturels pour faire naître dans cette alchimie relationnelle des nouveaux possibles de soin pour des personnes fragilisées. Entendre, comprendre la souffrance psychique et somatique d’une personne en résonance avec sa culture d’origine, permet de ne plus la juger, de ne plus l’enfermer dans des étiquettes culturelles mais plutôt de créer des ouvertures de soins. Cette approche nous conduit à penser le soin comme un entre-deux, un espace tiers afin qu’une rencontre juste soit possible entre le soigné et le soignant.

 

La question de la diversité culturelle depuis le prisme de l’intervention humanitaire

Mardi 16 janvier 2018 - 18h30-20h30
Clarisse Brunelle, Juriste, formatrice en éthique de l’action humanitaire

L’intervention humanitaire médicale se trouve, de fait, confrontée à plusieurs enjeux éthiques majeurs : comment allier une nécessité de soins « ailleurs » (incarnée par la médecine humanitaire) tout en honorant une culture spécifique du soin qui est très souvent totalement inconnue aux soignants ? S’il y a concordance d’enjeux éthiques entre la médecine urgentiste, telle que pratiquée en France, et la médecine humanitaire d’urgence (la question fondamentale du consentement) l’autre enjeu éthique majeur
à la médecine humanitaire est la confrontation voire l’imposition de notre manière de concevoir le soin à des cultures disposant de leurs propres ressources thérapeutiques.


L’interculturalité dans les médecines complémentaires

Mardi 23 janvier 2018 - 18h30-20h30
Table-ronde avec Marie Eckert, ostéopathe D.O, Vladimir Roudenko-Bertin, ostéopathe D.O, Aymeric Frécon, médecin, acupuncteur

La pratique de l’ostéopathie en contexte d’interculturalité pose de nombreuses questions sur la perception d’une médecine manuelle auprès de publics souvent sensibles à des médecines traditionnelles. La pratique montre une diversité de représentations de ce qu’est la médecine manuelle alors même que l’on pouvait sur ce point s’attendre à une certaine universalité. Cette problématique semble aussi faire écho du côté de la pratique de l’acupuncture, médecine traditionnelle chinoise qui prend, dans le parcours d’Aymeric Frécon, formé dans une biomédecine, une place toute spéciale. L’interculturalité se retrouve ici placée du côté du soignant.
Comment diverses représentations du corps peuvent coexister dans une pratique thérapeutique du côté des soignants comme des patients ?


Propositions pour une thérapeutique buissonnière

Mardi 30 janvier 2018 - 18h30-20h30
Dr Valerie Cadiou, médecin généraliste au sein de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration, codirectrice de l’association PasserElles Buissonnières, MarionGachet, juriste auprès de collectifs d’aide aux personnes exilées, association PasserElles Buissonnières

Questionner l’interculturalité des soins et de l’accompagnement d’une manière plus générale est-ce interroger nos différences culturelles ou notre manière d’aller à la rencontre de l’autre ? Sommes-nous chacune et chacun des êtres culturels uniques, façonnés par notre environnement mais aussi par notre rapport intime au monde ? A partir de l’expérience interdisciplinaire vécue à PasserElles Buissonnières dans l’accompagnement de femmes exilées ou malades, nous nous interrogerons ensemble sur ce que pourrait être une thérapeutique buissonnière.


Migrants en situation de précarité : quelles spécificités en santé mentale ?

Mardi 6 février 2018 - 18h30-20h30
Dr. Halima Zeroug-Vial, psychiatre, directrice de l’ORSPERE-SAMDARRA, chef de service au Centre Hospitalier du Vinatier

L’ORSPERE-SAMDARRA – Observatoire Santé mentale, Vulnérabilités et Sociétés –s’attache depuis sa création au milieu des années 1990 à promouvoir une clinique psychosociale, c’est-à-dire une clinique attentive aux liens entre les questions de santé mentale et les problématiques sociales. L’émergence d’une préoccupation pour la santé mentale des demandeurs d’asile, réfugiés et plus globalement des migrants qui arrivent sur le territoire français amène cet observatoire à considérer les relations entre les situations d’exil, de migration et de précarité.


Tarifs :

Pour une conférence :
- Individuel : 15€
- Étudiants : 8€

A partir de 3 conférences (prix par conférence) :
- Individuel : 10€
- Étudiants : 5€


Formation continue : 100€ pour l'ensemble du cycle

 


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