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Cycle de conférences : Burn-out : qu’est-ce qui nous écrase ?

Publié le 5 juillet 2016 Mis à jour le 22 mars 2017
Le syndrome d’épuisement lié au travail, communément appelé burn-out, apparaît comme le pendant, dans le monde professionnel, du mal du siècle qu’est le stress. Dans une société tournée de plus en plus vers la performance, où l’hyperactivité tend à devenir le rythme de croisière d’une carrière et plus largement d’une vie réussie, le sujet en vient très vite à se trouver dans un état de vigilance continue, extrêmement sollicité, constamment joignable. L’évolution des outils de communication œuvre à cette disponibilité constante du sujet. Dans ce contexte, le sujet est appelé à ne plus tenir compte de ses limites, à faire preuve, notamment dans son activité professionnelle, d’un engagement sans limite, d’autant plus que le burn-out touche des personnes particulièrement investies dans leur travail, qui tendent à mener les responsabilités qui leur sont confiées selon un haut niveau d’exigence. Ainsi, le burn-out pourrait apparaître comme un syndrome de l’excellence qui traduirait l’épuisement des ressources intérieures du sujet. Les différents engagements deviennent des lieux d’usure, vidant de l’intérieur le sujet. Le burn-out est la maladie du débordement des exigences professionnelles (à laquelle le sujet participe) qui se traduit par un évidement intérieur. Dans le burn-out, le sujet « se consume » progressivement. Il est ici important de considérer le burn-out comme un processus et non un état.
Ce cycle de conférences souhaite mettre en lumière les questions éthiques que soulève un tel syndrome.
 
Don de soi, sacrifice : où est le sujet ?
Mardi 7 MARS 2017 - 18h30-20h30
Jean-Marie Gueullette, médecin et théologien, directeur du CIE

Les diverses formes de l’épuisement touchent souvent des personnes très engagées, dans leur métier ou dans des activités associatives. Le don de soi devient donc parfois dangereux, lorsqu’il s’accompagne d’un oubli de soi jusqu’au déni de soi. Comment la vieille notion de sacrifice vient-elle éclairer, renforcer, ou équilibrer un tel processus ? Alors que l’on n’ose plus parler de sacrifice dans le discours religieux, sommes-nous vraiment sûrs qu’une telle posture ait disparu des comportements ?

 
Le poids de la responsabilité peut-il détruire ?
Mardi 14 MARS 2017- 18h30-20h30
Pierre Padzunass, Médecin du travail, titulaire d’un master en éthique et philosophie du soin

L’exercice médical n’a pas l’apanage de la responsabilité envers autrui, fût-il diminué par la maladie. Le médecin est encadré dans sa pratique par une multitude de règles et de codes. Notre propos sera illustré par des situations rencontrées dans le champ de la santé au travail de salariés de l’industrie nucléaire, mais aussi de médecins en difficulté dans leurs divers environnements professionnels. La latence de cette souffrance par le travail favorise le développement de pis-aller, qui vont de l’automédication aux dérives addictives. Le constat de ce chaos doit engager la mise en place d’actions préventives.
 

L’épuisement du sens
Mardi 21 MARS 2017 - 18h30-20h30
Laurent Denizeau, anthropologue, CIE

Dans une société où le travail est devenu central dans la construction du sujet, le burn-out vient signifier un évidement de ce centre. Ce qui est mis à mal c’est le dévouement à une cause, à un groupe, dans la mesure où il perd progressivement de sa force symbolique. Cet épuisement intérieur est un épuisement du sens de l’engagement, dans une demande vécue comme illimitée d’où le sentiment de reconnaissance s’absente. La question qui se pose au sujet est à ce moment-là celle de l’impossibilité de faire sens dans l’engagement professionnel.


Liberté et assujettissement du thérapeute
Mardi 28 mars 2017 - 18h30-20h30
Nathalie Leblanc, psychiatre et docteure en philosophie, auteure de La liberté du thérapeute : de l’assujettissement à l’autonomie (L’Harmattan, 2016)

Avons-nous encore aujourd’hui la liberté d’être soignant, à travers ce qui menace, voire écrase notre pratique ? Le thérapeute peut-il penser celle-ci en dépit des diverses contraintes (administratives, économiques, scientifiques) qui l’assujettissent ? Envisage-t-il toujours les différentes techniques de soins dont il dispose comme un moyen et non une fin ? La liberté du thérapeute met en jeu l’éthique de sa position, en tant que justesse de son rapport à soi et à l’autre. Considérer le patient en tant que personne implique de reconnaître son altérité et son autonomie. Mais peut-il faire du temps dont il dispose un temps avec et pour l’autre ?

Conférence annulée

 

Tarifs :

Pour une conférence :
- Individuel : 15€
- Étudiants : 8€

A partir de 3 conférences (prix par conférence) :
- Individuel : 10€
- Étudiants : 5€

Formation continue : 100€ pour l'ensemble du cycle