Mieux vivre le confinement

Lors d'une interview sur RCF, Delphine BABIC, psychologue clinicienne et responsable pédagogique à l’Institut des Sciences de la Famille est revenue sur les conséquences psychologiques du confinement.

Savoir gérer ses émotions et écouter ses besoins dans une situation de vulnérabilité 

Comme l’explique Delphine BABIC : "Il est important de comprendre le contexte dans lequel nous évoluons actuellement. Nous nous trouvons dans une situation de vulnérabilité liée à la crise sanitaire. La possibilité de voir notre entourage, d’échanger avec le corps enseignant ou de retrouver nos amis lors de moments conviviaux est restreinte par diverses mesures".
A cela s’ajoutent d’autres événements stressants, inconsciemment intériorisés, tels que les attentats perpétués en France ces dernières années.


Aussi, il faut dès lors apprendre à "gérer nos émotions et écouter ses besoins". Bien évidemment, la priorité est donnée à nos besoins naturels (se nourrir, dormir, etc…) comme à des aspects plus sécuritaires (être bien logé, être en bonne santé, etc…). Il convient toutefois de ne pas oublier que nous évoluons dans une société qui respecte certains codes et appel à des comportements sociaux attendus. Affronter une situation stressante telle qu’un confinement, c’est aussi appartenir à des groupes qui permettent de garder des liens humains et d’éviter tout isolement social. Pour cela, la proximité familiale, les groupes d’amis et le travail sont des « soupapes » qui nous permettent de relâcher la pression, le stress et de partager nos sentiments.
Le lien évolue et change avec la distance mais les individus restent et doivent rester en contact. Il est même possible d’enrichir ces liens, comme l’indique Delphine BABIC, à travers la créativité de jeux en ligne ou grâce à des activités partagées à distance telles que le sport.

Apprendre des mois passés pour aborder plus efficacement le 2ème confinement

Nous avons tous été amenés à vivre un premier confinement inédit et soudain. Depuis ce 30 octobre, date marquant ce deuxième confinement, il est légitime d’avoir une sensation de répétition. Cette même sensation peut évidemment créer de la fatigue, du stress et des microtraumatismes liés à la peur de revivre les événements mémorables du premier confinement. Il faut alors essayer de retirer du positif de cette situation (le fameux terme « résilience » souvent utilisé) et faire face à ces événements difficiles en s’adaptant et en essayant d’en sortir plus fort et unis.

Se retrouver et trouver du plaisir dans chaque chose qui s’offre à nous

 « Nous avons tous besoin du lien à l’autre, d’appartenir à une communauté »

Vivre en communauté se manifeste par ce besoin de solidarité qui est propre à l’homme et de se sentir utile pour les autres. Cela s’est vu lors du confinement en mars avec la fabrication de masques et la distribution de repas. Apporter du bonheur aux autres c’est aussi se donner pleinement et partager ensemble ce bonheur ressenti.

« Il faut avoir l’esprit critique de l’information »

Il faut vivre l’instant présent mais continuer de se projeter dans l’avenir. Pour mieux vivre le moment présent, il faut écouter ses besoins et savoir filtrer les bonnes informations qui nous parviennent.
Connaître les bonnes informations pour répondre à ses besoins est un excellent moyen de s’adapter aux situations parfois critiques, qui se présentent à nous au jour le jour, et ainsi mieux anticiper le futur.

Se connaître pour mieux communiquer ensemble

Il faut se déculpabiliser de générer du stress. Comme l'explique souvent Delphine BABIC aux étudiants du Diplôme Universitaire "Éducation à la vie", le stress est « une situation normale face à une situation anormale ». Nous ne décidons pas toujours de ressentir certaines émotions et il est donc logique de ne pas savoir parfois comment réagir. Il nous appartient d’apprendre à se connaître pour pouvoir répondre, physiquement et mentalement, le plus sereinement possible aux situations de crise qui se présentent à nous. Essayer de faire au mieux est déjà une manière positive d’aborder toute difficulté.

Avec les masques et la distanciation physique, la communication non verbale est devenue plus importante que jamais. Le manque d’interactions (prendre dans ses bras une personne que l’on aime, sourire, etc…) peut amener à perdre un lien autrefois existant. Une culpabilisation est d’autant plus ressentie face à la peur de toucher ou de se rapproche de l’autre. Il faut donc trouver de nouveaux moyens de porter de l’attention et marquer de l’affection. Parfois, même un sourire derrière un masque, une aide apportée à quelqu’un dans le besoin ou un regard bienveillant est un premier pas vers autrui.

Retrouvez l’interview de Delphine BABIC sur RCF Lyon

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