Le récit contemporain de l’effondrement est-il crédible ?

Notre société court-elle inévitablement à sa fin ?

1ère table ronde des Journées de l'UCLy du jeudi 11 avril à 9h30

Que ce soit dans les médias ou le monde universitaire, un récit pessimiste de notre futur semble émerger. Un consensus à base de dominos qui s’effondrent les uns sur les autres. De la crise environnementale à celle des démocraties, des nouvelles vulnérabilités engendrées par l’espace numérique, à la crise des systèmes de santé et d’éducation… Un par un, tous les systèmes de protection et vie en commun dont dépend notre société seraient entraînés dans une spirale infernale, pour laisser derrière eux un monde sans humains, ou au moins sans humanisme.

Mais nos systèmes de vie en commun sont-ils réellement condamnés à l’effondrement ? Ce récit, omniprésent dans notre anticipation de l’avenir, est-il crédible ?

Nathalie Dompnier et Pierre Dockès viendront en discuter avec Jean-Christophe Ploquin lors de la première table ronde des Journées de l'UCLy, le jeudi 11 avril à 9 h 30.

Animateur : Jean-Christophe Ploquin

Jean-Christophe Ploquin est rédacteur en chef et éditorialiste à La Croix. Spécialiste de diplomatie et des relations internationales, il a couvert le Moyen-Orient et l’Europe avant de diriger le service international du quotidien pendant neuf

jc polquin

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De la crise écologique à la crise des systèmes

Son point de départ, la crise climatique, ne souffre d’aucune discussion. L’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère, l’effondrement de la biodiversité, la pollution des océans… Ces éléments scientifiques, appuyés par des décennies de recherche, sont établis. La crise écologique est un élément tangible, prouvé, qui nécessite une action vaste et immédiate. Un changement de modèle de société est donc devenu inévitable.

La nature de ce changement en revanche, est loin de faire l’objet d’une même certitude. Le récit d’un effondrement en série, de dominos qui tombent les uns à la suite des autres, mérite d’être questionné. Cette épreuve décisive pour notre société peut-elle à l’inverse représenter une occasion de discernement et de transformation ? Peut-on transformer notre récit d’un effondrement subi en celui d’une transformation voulue ?

Intervenante : Nathalie Dompnier

Présidente de l’Université Lumière Lyon 2, Nathalie Dompnier est professeure de science politique et membre du laboratoire Triangle- Action, discours, pensée politique et économique. Un premier axe de ses travaux de recherche porte, dans une démarche de sociologie historique, sur les dispositifs de vote et les pratiques électorales depuis les débuts du suffrage universel en France. Un second axe, s’appuyant notamment sur les enquêtes European Values Study, concerne les évolutions des valeurs politiques et des valeurs familiales depuis la fin du XXe siècle en Europe.

La crise, un moment de responsabilité

La raison d’être de cette table ronde et des Journées de l’UCLy est d’explorer le potentiel de la crise en tant que révélateur. Les multiples crises et vulnérabilités, individuelles et collectives, ne peuvent-elle être aussi un moteur de reconstruction ? Les blessures de nos sociétés nous forcent en effet à questionner notre responsabilité envers tout ce qui relève du « nous », du monde commun.

Remettre en cause ce récit pessimiste de notre futur (sans pour autant douter de l’urgence écologique) est aussi une nécessité, pour faire émerger de nouveaux moyens d’action collective. Pour reprendre les mots du Pape François lors de la COP 28 de décembre 2023 : « Si nous avons confiance dans la capacité de l’être humain à transcender ses petits intérêts et à penser en grand, nous ne pouvons renoncer à rêver. »

Intervenant : Pierre Dockès

Spécialiste d’économie politique et de l’Histoire de la pensée économique, Pierre Dockès est professeur honoraire à l’université Lyon 2. Il y a fondé le « Centre Walras » (aujourd’hui « Triangle ») et supervisé la publication des œuvres complètes de Léon Walras. Membre du Cercle des économistes, ses publications reflètent sa diversité d’intérêt et d’expertise tout en adoptant centralement un point de vue d’économie historique. Il a publié de nombreux ouvrages sur des sujets allant de la place de l’économie dans la pensée de Thomas Hobbes à l’économie sociale de Léon Walras ainsi qu’à l’importance du pouvoir en économie ou encore sur l’économie sucrière au temps de l’esclavage (« Le sucre et les larmes ») ou l’économie des grandes épidémies (« De la peste au Covid »). Il s’est intéressé particulièrement à l’évolution du capitalisme, à ses crises et ses mutations en cours. Il a publié une vaste synthèse sur ce thème (« Le capitalisme et ses rythmes »).  

Une perspective historique indispensable pour comprendre les mutations qui nous attendent.

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