Jérémie Supiot soutiendra sa thèse de philosophie le mercredi 9 septembre à 15 h 00 à l'Université Catholique de Lyon, campus Carnot, salle F.Ozanam-K026.
Directeur de thèse : Mathieu Guillermin
Jury de thèse :
- Stefano Biancu, Professeur de philosophie morale, LUMSA (Rome, Italie)
- Thibault De Meyer, Professeur de philosophie, Université Catholique de Louvain (Louvain-La-Neuve, Belgique)
- Mathieu Guillermin, Maître de conférences en philosophie, Université Catholique de Lyon (Lyon, France)
- Frank Steve Kamdem Jousta, Maître de conférences en philosophie, Université Catholique de Lyon (Lyon, France)
- Chiara Pesaresi, Maître de conférences en philosophie, Université Catholique de Lyon (Lyon, France)
Résumé de la thèse
À l’origine, la métaphore de la construction telle qu’elle fut pensée par Kant dans sa Critique de la raison pure devait permettre d’expliquer comment les mathématiciens réussissent à construire des connaissances objectives, à valeur universelle, sur la base de jugements synthétiques a priori. Or, à la fin du XXème siècle, beaucoup de relativistes font usage de la métaphore de la « construction » pour défendre leur position. Comment expliquer un tel paradoxe ? A quelles conditions une théorie constructiviste de la connaissance peut-elle éviter le relativisme ? Pour répondre à ces questions, dans un premier temps, nous commencerons par explorer les différentes écoles constructivistes qui se sont développées au XXème siècle.
Dans un second temps, nous nous intéresserons de manière plus spécifique au constructivisme de Bruno Latour, pour comprendre ce qui l’amène, contre l’universalisme kantien et le relativisme de Bloor, à défendre une ontologie relationnelle. Enfin, nous examinerons les différentes thèses épistémologiques soutenues par les relativistes, leurs objections, mais aussi les problèmes légitimes qu’elles soulèvent, et nous clarifierons la position de Latour sur ce point. Partant, nous proposerons une réponse aux points de blocage soulevés par Hacking dans Entre sciences et réalité publié en 1999, dans le but de montrer à quelles conditions la construction des connaissances peut éviter le relativisme.


