Prérequis pour le cours
Aucun.
Objectifs
À partir d’un champ critique émergeant, l’écopoétique – nommée aussi écocritique ou écologie littéraire -, il s’agit de renouveler l’approche de la littérature classique comme de découvrir les enjeux de la « littérature environnementale », aussi bien étrangère que française. L’objectif est d’acquérir une méthode rigoureuse de l’explication de texte tout en se familiarisant avec les outils méthodologiques de l’étude littéraire. Au terme du semestre, l’étudiant ou étudiante saura analyser des textes littéraires en convoquant les notions-phares de l’historiographie littéraire (description, sublime, personnage, etc.), renouvelées à l’aune de catégories critiques récentes.
Contenu
La littérature n’a pas attendu la crise écologique pour réagir aux questions que soulève la nouvelle ère que l’on a pris l’habitude de nommer « l’anthropocène ». Si elle n’a cessé d’interroger, par ses procédés propres, la place de l’homme et les moyens de représenter le vivant, en revanche, le courant critique qui prend acte de l’importance salutaire de ce décentrement du regard est plus récent. Nous voudrions examiner ces nouvelles catégories critiques que sont « l’écocritique » et « l’écopoétique », deux variantes de ce que la recherche littéraire française a hérité des green studies états-uniennes, et qui accèdent désormais à une reconnaissance institutionnelle dans l’Université française.
Leur force est de permettre à la fois de renouveler notre approche de la littérature classique tout en enregistrant les modifications poétiques de la littérature contemporaine. Ces questions seront abordées à partir d'un corpus états-unien centré autour de Thoreau et Leopold. Il s'agira de voir comment sont reposées les questions de la représentation de la nature, de l'animal, de la place de l'homme au sein du monde dans lequel il vit. On accordera une large place à la littérature états-unienne et aux concepts qu'elle a forgés, comme la "wilderness", et au genre du "nature writing" qu'elle a élaboré.
On abordera ensuite, à partir d’un corpus ancien et contemporain, la présence littéraire des bêtes sauvages, associée au désert-forêt de la littérature courtoise et hagiographique ; mais on élargira la perspective en abordant les scènes de chasse et les liens d’attachement entre les humains et les autres qu’humains. On verra toutefois que ces motifs peuvent être renversés, la proie devenant le prédateur, l’homme civilisé devenant un animal sauvage. On s’attardera aussi sur le motif des révoltes animales : si ces dernières relèvent du châtiment divin dans le corpus biblique et prophétique, la rencontre avec l’animal sauvage est devenue un topos littéraire de la littérature contemporaine qui oblige à repenser la définition de l’humanité au regard de l’animalité et fait vaciller les frontières qui les séparent traditionnellement.
Enfin, à partir de la notion de métamorphose animale couplée avec une réflexion sur la place des insectes en littérature, on verra comment l’hybridité humain-animal, notamment à partie de La Métamorphose de Kafka, permet de repenser, par les moyens de la fiction, les frontières de l’humain et de remettre en cause le prétendu « propre de l’homme », notamment à partir de la notion d’animalité.
Références bibliographiques
- LEOPOLD Aldo, Almanach d’un comté des sables, Paris : GF, 2017
- KAFKA, Franck, La Métamorphose (Folio 2 euros)
Conseils bibliographiques :
- SIMON, Anne, Une bête entre les lignes. Essai de zoopoétique, Marseille, Wildproject, 2021.
- SCHOENTJES, Pierre, Ce qui a lieu. Essai d'écopoétique, Marseille : Wildproject, 2016.
Méthodes d’évaluation
Au moins un contrôle continu durant le semestre, et une évaluation terminale pendant la session d’examens.
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