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22 Oct - Chaire UNESCO - Les garanties constitutionnelles du respect de la diversité culturelle
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Conférence Droit Chaire Unesco

Les garanties constitutionnelles du respect de la diversité culturelle : un enjeu majeur de paix et de stabilité des sociétés

Dans le cadre du Cycle de conférences « Mémoire et Marche du Monde » (VIIè Édition) et de la Décennie Nelson MANDELA pour la Paix (2019-2028), instituée par les Nations Unies, la Chaire UNESCO « Mémoire, Cultures et Interculturalité » organise une conférence publique sur le thème : « Les garanties constitutionnelles du respect de la diversité culturelle : un enjeu majeur de paix et de stabilité des sociétés »

le jeudi 22 octobre 2026 à 18h00

Lieu de l'évènement

23 place des Archives | Amphi Perroux A.152 - 69002 Lyon

Contact

Chaire UNESCO

04 26 84 18 97
chaireunesco@univ-catholyon.fr

Argument général

Il n’est certainement pas superfétatoire de traiter aujourd’hui de la question identitaire, qui est sans doute l’une des questions les plus débattues au cours de ces dernières décennies dans le monde et à travers les sociétés, touchant ainsi au domaine essentiel de la paix et de la sécurité internationales.

En effet, depuis la fin de la guerre froide, marquée par la division du monde en blocs idéologiquement opposés, et l’effondrement de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) qui s’en est suivi, 27 nouveaux États ont été créés à travers le monde et, majoritairement, sur des bases identitaires. Cette évolution dans les relations internationales montre que c’est l’Europe qui se place en tête de liste, avec 23 nouveaux États créés (entre 1991 et 2006), suivie de l’Afrique qui en compte 3 (créés entre 1990 et 2011) et l’Asie avec un seul nouvel État créé en 2002. Le continent américain, dans son ensemble, reste pour le moment relativement épargné par ce phénomène.

Au-delà des cas précités, et bien que le phénomène en lui-même ne soit pas nouveau, la question identitaire semble néanmoins avoir pris aujourd’hui, dans presque toutes les régions du monde et dans la quasi-totalité des sociétés, une ampleur et une acuité bien singulières. Ce constat semble d’ailleurs se vérifier, notamment au travers des revendications identitaires persistantes ainsi que des débats politiques dans les sociétés et de la place, parfois surabondante, faite à la question identitaire. Ce qui en fait finalement l’un des défis majeurs pour les sociétés contemporaines !

Certes, la question se pose souvent au niveau individuel, avec la revendication par certains citoyens du droit à la différence, au nom de leurs identités spécifiques, en particulier à l’égard des États ayant une culture dominante. Cependant, c’est surtout au niveau communautaire que les enjeux politiques émergent généralement, avec les revendications de certains groupes nationaux, ethniques, culturels, religieux ou linguistiques, pour la reconnaissance et la prise en compte suffisante et/ou effective de leurs droits spécifiques dans la gouvernance de l’État.

En écho à ces revendications identitaires, il n’est pas rare d’observer dans les constitutions de certains États ou dans d’autres lois nationales, la consécration du principe de la diversité culturelle, linguistique et religieuse, etc., parfois assortie de stratégies et de plans d’action pour une mise en œuvre concrète.

Mais il sied de préciser que ces évolutions constitutionnelles se font également en écho à l’évolution du droit international qui fait désormais du respect de la diversité des cultures un enjeu majeur de paix et de stabilité des sociétés. Ainsi en est-il de la Déclaration universelle sur la diversité culturelle (Unesco, 2001) qui fait du respect de la diversité des cultures un instrument pour « la tolérance, le dialogue et la coopération, dans un climat de confiance et de compréhension mutuelles » et comme l’« un des meilleurs gages de la paix et de la sécurité internationales. » De même, la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (Unesco, 2005) considère que « la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles impliquent la reconnaissance de l’égale dignité et du respect de toutes les cultures, y compris celles des personnes appartenant aux minorités et celles des peuples autochtones. »

Cependant, le principe du respect de la diversité culturelle est loin d’être un impératif catégorique au regard notamment des autres obligations de l’État, lesquelles peuvent être autant de facteurs de limitations raisonnables et légales à la mise en œuvre concrète de ce principe. En effet, en tant que res publica, l’État se doit de garantir à toutes les cultures les possibilités de leur existence même, ainsi que de leur développement sur une base d’égale dignité. Toutefois, en assumant cette tâche, l’État doit également s’astreindre à d’autres obligations pouvant le conduire à limiter certaines expressions culturelles, dès lors qu’elles s’avèrent incompatibles avec les autres obligations de l’État.

Ainsi en est-il des garanties pour les citoyens du respect de leurs droits culturels fondamentaux, lesquels sont aussi une expression des droits humains dans leur vocation universelle. Mais il n’est pas rare que certaines pratiques culturelles portent atteinte à l’ordre public ou aux droits fondamentaux des personnes que l’État se doit de protéger, en procédant au besoin à des arbitrages susceptibles de conduire à des restrictions, voire à l’interdiction de certaines de ces pratiques culturelles.

De tout ce qui précède, peut-on objectivement et raisonnablement considérer que toutes les expressions culturelles participent au développement social, économique, culturel ou scientifique des sociétés et que, à l’occasion, elles contribuent à la paix et à la stabilité des sociétés ?

Sinon, quels sont les paramètres déterminants à prendre en considération ainsi que les stratégies idoines dans la mise en œuvre effective des garanties du respect de la diversité culturelle qui soient à bon escient ?

Telles sont les problématiques que la présente réflexion se propose d’élucider au cours de cette conférence.

Conférencier

Prof. Roger K. Koudé

Professeur de Droit international à l’Université Catholique de Lyon et Titulaire de la Chaire Unesco « Mémoire, Cultures et Interculturalité », il est également membre de l'Unité de Recherche Confluence : Sciences et Humanités EA 1598 (Groupe de Recherche 6 « Étude des normes en contexte juridique, politique et social »).

Ses travaux de recherche et d’enseignement portent principalement sur la justice pénale internationale, le droit international humanitaire, le droit international des droits de l’homme, la géopolitique et la géostratégie internationales. Son dernier ouvrage, intitulé La guerre russo-ukrainienne : enjeux et perspectives (Dir.), est publié aux Éditions des Archives Contemporaines, Paris, 5/2025.

Le Professeur Roger Koudé est par ailleurs expert auprès des organisations internationales et professeur invité auprès de plusieurs universités en Afrique, en Europe ainsi qu'au Proche et au Moyen-Orient.

Informations

Jeudi 22 octobre 2026 (de 18h à 20h)

Campus Saint-Paul | Amphi Perroux A. 152

23, Place des Archives, 69288 - Lyon Cedex 02

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