XXIII-2 "Paix et nationalisme, attachement à la patrie et ouverture à l'universel" (2018)

Créé le 22 novembre 2018

Revue Théophilyon

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Présentation du numéro


1918-2018. Cent ans déjà ! Dans un contexte géopolitique et plus particulièrement européen marqué par l'affirmation des identités nationales (Brexit), voire régionales (Catalogne) et en cette date anniversaire de l’armistice de la grande guerre, le comité de rédaction a pensé utile de rappeler les principes et la genèse de l'idée, peut-être bien utopique, d'une citoyenneté universelle, garante de la paix.

Sous le titre « L’ambivalence de la nation : histoire et défis contemporains dans le cadre d’une confédération européenne », Bernard Bourdin ouvre le dossier. Historien et théologien du politique, il nous invite à revaloriser et à reconsidérer aujourd'hui l'idée quelque peu démonétisée de la nation. Il semble bien, en effet, que celle-ci soit nécessaire tant à l'équilibre de notre condition politique qu'à l'accomplissement de tout effort pour instaurer une paix durable, selon le vœu le plus intime du projet européen.

Deux contributions philosophiques prennent la suite. Dans « Sens - Intérêt - Limites des projets et de l'idée de paix perpétuelle entre les Nations », François Poinas montre que le célèbre texte de Kant sur la paix perpétuelle ne fut pas le premier rédigé sur cette question. Cependant le philosophe allemand contribue de manière spécifique à cette réflexion : il soutient que la paix requiert l'instauration d'un droit international fédéraliste et la mise en œuvre, à l'échelle cosmopolitique, d'une hospitalité universelle. Vous avez dit utopie ? Ensuite, Emmanuel Boissieu examine une question sensible, souvent posée au grand successeur de Kant dans l'idéalisme allemand : « Hegel est-il nationaliste ? » L'auteur montre que le philosophe se dérobe à cette question. Identifiant les acteurs de l'histoire et le rôle en elle des institutions, il cherche plutôt à conjoindre particularité du peuple et universalité humaine.

Après la philosophie, le droit. Dans « L’humanisation du droit international : La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et l’émergence d’une communauté de valeurs », Pascal Boucaud situe en contexte historique ce document fondateur qu'est la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et elle en souligne les enjeux eu égard au droit international. Enfin sous le titre « Du nationalisme à la communauté des Nations », l'historien de l'Église Daniel Moulinet présente les positions du magistère catholique dans la période contemporaine. À l'époque d'un patriotisme souvent porté aux excès, ces positions défendent l'idée que l'amour de la Nation n'est pas incompatible avec la fraternité entre les peuples.

Les Mélanges publient les communications philosophique, théologique et biblique, données lors d'une journée interdisciplinaire des facultés de théologie et de philosophie sur le thème du conflit le 8 mars 2017 : « Du conflit des interprétations » (Pascal Marin) ; « "Simul justus et peccator" : Luther et le conflit entre le péché et la grâce » (Isabelle Chareire) ; « Être frère ? Une histoire compliquée. » (Philippe Abadie). Puis place est faite à la proposition d'un théologien polonais, Artur Antoni Kasprzak : « Pour construire une pastorale adaptée au monde postmoderne – La lecture de Jean-Guilhem Xerri, point de départ d’une esquisse théologique. »

Les Chroniques Régionales rendent hommage à notre regretté collègue Pierre Gire (1949- 2018). Philosophe de la religion, spécialiste en particulier de Maître Eckhart et passionné de questions d'éducation et de morale fondamentale, Pierre Gire a beaucoup apporté au travail de Théophilyon, en tant que membre du comité de rédaction de la revue depuis ses débuts en 1996, et comme auteur de nombreux articles. Après une présentation de son parcours, et la liste de ses nombreuses contributions à Théophilyon, nous publions l'un des tout derniers écrits de Pierre Gire. Il s'agit d'un inédit sur la question des rapports de la philosophie et de la mystique.

Le numéro se conclut avec les habituelles recensions et avec les tables annuelles.


La Rédaction