Sémiotique et Bible n°175 - Septembre 2019

Bulletin d'études et d'échanges publié par le Centre pour l'Analyse du Discours Religieux

Sommaire de la revue n°175

En catholicisme la formation des clercs à l'interprétation des Écritures. Étudier la théologie au sein d'une communauté formatrice - Pascal Marin

Nous traitons en ces pages de la formation de l'interprète catholique clerc à l'interprétation des Écritures. « Écritures » ou « Saintes Écritures » est une désignation traditionnelle et toujours usuelle en catholicisme et d'un enjeu décisif pour l'interprétation dans ce contexte, comme nous allons le voir ici. Précisons que ce dont nous pouvons nous autoriser pour prendre la parole à titre catholique sur un tel thème est d'avoir été, plusieurs années durant, en responsabilité de la formation de jeunes confrères clercs, puis ensuite et jusqu'à aujourd'hui, des études de ces mêmes confrères. Et voilà une distinction fondamentale, qui nous fait entrer tout de suite dans le vif du sujet : celle de la formation et des études. La formation étant le tout dont les études sont une partie. Des études sont bien sûr nécessaires à la formation de l'interprète, mais elles ne suffisent pas à assurer seules cette formation. Et ce qu'il y faut encore, et même avant tout et d'abord, c'est l'initiation à une forme de vie, devant être appropriée de manière singulière par chacun, tout en étant partagée avec d'autres, dans un milieu de vie commune, séminaire ou communauté religieuse dite de formation.

Là du milieu de cette forme de vie, qui se reçoit d'une tradition vivante, peut naître, se former et s'exercer, la capacité à l'interprétation d'un interprète. Et ce milieu formateur de vie commune joue aussi une fonction stimulatrice et régulatrice de l'interprétation. Il y a donc lieu de donner consistance d'abord à cette institution première pour la formation qu'est une communauté de vie. Mais puisqu'il s'agit d'une réflexion sur la formation à l'interprétation des Écritures, la manière la mieux indiquée de le faire est sans doute de relever qu'une expérience communautaire de vie était déjà impliquée à la naissance même des textes fondateurs, ces Écritures à interpréter. Resituées dans le long temps d'une histoire, les Écritures comme leurs interprétations, ces actualisations et applications à une situation présente, se révèlent taillées dans le même bois : celui de la parole.

L’aveugle-né qui devient voyant et les voyants qui deviennent aveugles (Jean 9) - Jean Delorme, Jean-Yves Thériault

Il y a beaucoup de personnages dans ce récit. Mais l’acteur central reste l’aveugle-né. Il occupe la scène tout au long du récit. Il ne cherche pas la relation avec les autres, mais tous agissent et réagissent par rapport à lui. Il se contente de faire ce que Jésus lui dit et de répondre aux questions qui lui sont posées. Tout se passe en lui et à son propos. Mais ce récit présente autre chose que la « guérison » d’un aveugle. Il y a bien un aveugle qui devient voyant, mais pour cette transformation le récit parle d’ « ouverture des yeux » plutôt que de « guérison ». D’où les questions : qu’est-ce qu’être aveugle et qui sont les aveugles ? Le chapitre est composé de façon assez surprenante. Deux déclarations de Jésus de portée générale (v. 2-5 et 39-41) encadrent un récit qui se déroule en trois temps : deux scènes courtes où Jésus est présent et a l’initiative (6-7 et 35-38) ; et entre les deux, une longue enquête sur l’aveugle devenu voyant et l’« inconnu » dont il a suivi les ordres. En effet, Jésus disparaît du récit pendant qu’on discute sur lui, mais en cherchant querelle à l’ex aveugle. Et quand Jésus réapparaît à la fin, c’est pour une petite scène très courte. Il s’agit donc d’un aveugle, mais ce qui lui arrive au début est le résultat de son écoute d’une parole de Jésus et ensuite tout se passe en parole. Il y a plus à entendre et à dire qu’à voir, et la question majeure est celle de la vérité. Nous suivrons le parcours de l’aveugle en ses trois étapes, avant d’étudier les paroles de Jésus qui débordent le cas de l’aveugle au début et à la fin.

« Quelle est la signification du mot ekklesia ? Apports émantico-dynamiques de l’étymologie grecque » - Kyriakoula Papademetriou

Cet article est la traduction française et une version légèrement modifiée de l’article publié sous le titre : “The Dynamic Semantic Role of Etymology in the Meaning of Greek Biblical Words. The Case of the Word ecclesia”, dans le tome collectif Biblical Lexicology: Hebrew and Greek. Semantics – Exegesis – Translation, Editions W. de Gruyer, Berlin, 2005. L’auteur, Mme Kyriakoula PAPADEMETRIOU, est professeure du Nouveau Testament, Langage, Interprétation et Herméneutique dans l’École de la Théologie Pastorale et Social à l’Université Aristote de Thessalonique en Grèce.

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