Sémiotique et Bible n°126 - Juin 2007

Bulletin d'études et d'échanges publié par le Centre pour l'Analyse du Discours Religieux

Sommaire de la revue n°126

Le pain et la coupe : parole donnée pour un temps d’absence. Une lecture de I Co II, 17, 34 – Louis Panier

« Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne ». Le ch. 11 de la 1ère épître de Paul aux Corinthiens rappelle le récit du dernier repas de Jésus avec ses disciples et montre la singularité du « repas du Seigneur » dans lequel manger et boire sont à rendre comme des actes de parole (annoncer). Proposant une analyse du « récit de l’institution de l’eucharistie » dans le contexte de 1 Co, Louis PANIER (CADIR-Lyon) montre comment la mise en discours des paroles de Jésus, sur le pain, sur la coupe et sur le mémorial et l’absence construit et propose une « théorie » de la parole et de l’énonciation sur laquelle peuvent se fonder une compréhension de la célébration du repas du Seigneur et une proposition d’interprétation du « sacrement » comment dispositif de sens et de parole propre au temps de l’absence et de l’attente.

Cet article reprend, en le remaniant, un article paru dans Concilium n° 41/2, p. 162-171 sous le titre « Das Brot und der Kelch : gegebenes Wort für eine Zeit detr Abwesenheit ».

Des profondeurs de la faim – Anne Fortin

Anne FORTIN (Université Laval – Québec) propose dans cet article de suivre dans l’Evangile de Marc la figure du pain dans les deux récits de la « multiplication des pains » et la figure du fruit de la vigne dans la parabole des vignerons homicides. L’analyse des deux premiers récits permet de voir comment pour Jésus, la faim s’interprète autrement que pour ses disciples. Elle n’impose ni la disjonction ni l’obligation d’être comblé par des objets que l’on trouverait ailleurs : elle crée au contraire une dynamique de conjonction relationnelle. Jésus enseigne ainsi aux disciples le mouvement du don en les instituant donateurs dans la logique d’une parole ouverte vers un tiers. Ainsi s’incarne la parole, Jésus fait advenir une réalité nouvelle par le don de sa parole, dont le pain devient une figure. Dans la parabole, le « fruit de la vigne » se trouve associé au meurtre du fils. Ainsi les figures se trouvent reprises dans le récit de la dernière Cène. ). Ce qui se noue à la Cène, c’est l’ouverture au salut à la jonction du pain, de la parole, du corps donné et du sang répandu. La Cène conjugue l’euphorie du don du pain et de la vie sur l’arrière-fond du sang versé, conséquence de l’imposture, de l’appropriation indue.

Jonas ou la volonté de dialoguer (1) – Jean-Pierre Desclés et Gaëll Guilbert

Jean-Pierre DESCLÉS et Gaëll GUILBERT (Laboratoire LaLICC – UMR 8139 CNRS – Université de Paris) proposent dans cet article une analyse du récit de Jonas dans le champ d’uns linguistique de l’énonciation. La linguistique de l’énonciation place l’activité dialogique comme étant l’activité première du langage. L’énonciateur, le co-énonciateur et le mode de production des énoncés laissent des traces linguistiques repérables dans le texte. Ces traces donnent certaines indications, à condition de bien les analyser. Il s’agit donc ici, dans la première partie de cet article, de procéder à une analyse textuelle, la plus rigoureuse possible, sur la base des marqueurs linguistiques inscrits dans les textes, y compris et surtout les marqueurs énonciatifs, et sur leurs relations repérables et identifiables dans la structure textuelle. Cette analyse permettra la comparaison avec d’autres textes.

Dans une seconde partie – à paraître dans un prochain numéro de Sémiotique et Bible – cette approche linguistique du texte du récit de Jonas sera comparée avec d’autres analyses – sémiotiques en particulier.

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