Chaire

Chaire de Recherche sur l'Eurasie - L'Humanisme oriental et ses sources

Activités

Ce projet s’articule autour de trois axes :

  1. Un espace, l’Eurasie, à travers un vecteur principal : les routes de la soie (qui constituent un ensemble de trois routes, 2 terrestres, 1 maritime passant par l’Inde du sud, reliant la Chine au monde méditerranéen)

  2. Une étude privilégiée des vestiges archéologiques littéraires, épigraphiques et autres sur les interactions religieuses, culturelles, économiques et politiques entre les divers acteurs de cet espace ;
     
  3. Une langue véhiculaire principale, l’araméen, sans exclusion des autres langues de cet espace : le grec, l’arménien, le chinois, les langues indiennes et persannes.
 

Les objectifs de la chaire

Son équipe de recherche est composée à ce jour de trois chercheurs spécialisés, Cécile Campergue, Laurent Gédéon et Maxime Yevadian qui ont pour objectifs de produire un savoir de niveau universitaire sur cette zone géographique très étendue et riche d’une histoire qui est un enseignement pour comprendre les mutations actuelles. Leur production est discutée et travaillée lors des séminaires de recherche et proposée lors des colloques et journées d’études.

Les principaux espaces de la route de la soie

Lyon a une place singulière dans le paysage universitaire européen dans ses relations avec les pays de l’Eurasie de par trois atouts. D’une part, elle est l’aboutissement extrême-occidental des routes de la soie qui ont irrigué l’Eurasie et nourri son développement. D’autre part, elle occupe d’ores et déjà une place centrale parmi les métropoles européennes et ses relations avec les mondes chinois et indien sont significatives. Enfin, le fondateur de son Église, Irénée de Lyon, est un trait d’union unique avec le monde oriental.

Ces atouts constituent un contexte particulièrement favorable à la fondation d’une Chaire de recherche dont l’objet d’études serait ce monde eurasiatique. Au-delà du bassin méditerranéen puis de l’Europe et jusqu’à la mer de Chine, plusieurs zones ayant une identité profonde ont reçu, en lien les unes avec les autres, le ferment chrétien qui leur ont permis de se développer jusqu’à nos jours :

Les principales cités de Mésopotamie au 2e millénaire avant notre ère | Zunkir Wikipédia
La Mésopotamie - Les principales cités au 2e millénaire avant notre ère - Zunkir Wikipédia
La Mésopotamie, foyer de culture multimillénaire, qui selon l’analyse de Samuel Noha Kramer, confirmée notamment par les travaux de Jean Bottéro a posé les bases de l’agriculture, du droit, de la médecine, de la philosophienotamment, dans un ensemble confédéral qui a duré des siècles. Les Hébreux y furent implantés par le roi d’Assyrie, Sargon II (-721), avant d’être une zone de repli des Juifs après la destruction des deux temples, puis une zone d’essor du judéo-rabbinisme tout comme de l’hébréo-christianisme.

L'Arménie sous le règne de Tigrane II, en 70 av. J.-C. | Arménie, Un Atlas Historique p.17
 L'Arménie sous le reigne de Tigrane II, en 70 av JCL’Arménie, héritière des cultures asiatiques (hétéenne et ourartéenne), terminus de la route de la soie dans son réseau septentrional, premier état à adopter le christianisme officiellement comme religion d’État, fut un constant interface entre les mondes gréco-latin puis byzantin et européen et les cultures orientales (parthe, sassanide, musulmane notamment). De plus, l’Arménie apparaît également de plus en plus comme l’héritière des premiers judéo-chrétiens, tant en Terre sainte qu’en Grande-Arménie.

L'Empire achéménide en 521 av. J.-C., l'Iran lors de sa plus vaste extension | Arménie, Un Atlas Historique p.13
Carte de l'Empire Achemenide en 521 av JC - L'iran lors de sa plus vaste extensionL’Iran, dont la culture et la structure étatique confédérale ont réussi à survivre à leur islamisation et à influer sur le développement de la culture musulmane, est un centre de civilisation actuellement sous-évalué. De plus, la culture iranienne s’est diffusée tout au long de l’Antiquité et du Moyen-Âge en Asie centrale en assurant une partie de son unité culturelle avant son islamisation, sa conquête par les Russes et l’imposition limitée du communisme. Dans les années à venir, l’Iran est amené à revenir sur la scène régionale, du fait de la guerre en Syrie, puis internationale.

 L'Asie Centrale en 1252, à l'apogée de l'Empire Mongol | Arménie, Un Atlas Historique p.31
Asie Centrale - Empire MongolLes peuples d’Asie centrale ont été évangélisés tôt et se sont développés à certaines époques très au-delà de leur rôle traditionnel de maillon dans les relations transcontinentales. L’épisode le plus connu, mais qui est loin d’être le seul, est celui de l’Empire mongol qui réuni au XIIIe siècle toute l’Eurasie non occidentale au sein d’un même empire.


 Periple de la mer Erythéenne | George Tsiagalakis Wikipédia
L’Inde, foyer de civilisation multiséculaire a reçu l’évangile dès le premier siècle de notre ère - on le sait à présent - et s’est développée depuis en intégrant cette religion et en ayant des relations suivies avec toutes les parties de l’Eurasie.






La Chine sous la dynastie des Han dans sa plus grande extension, vers l'an 50 av. J.-C. | Arménie, Un Atlas Historique p.19

La Chine, enfin, qui est sans doute la structure étatique la plus pérenne d’Asie et qui a connu des relations suivies avec les autres cultures eurasiatiques lors de ses périodes d’essor notamment (sous les dynasties Han, Sui, et Tang). La venue de l’apôtre Thomas pour y fonder une Église chrétienne semble, à présent, solidement établie.

 
Ces zones, tout en ayant une originalité profonde, se sont développées durant les deux derniers millénaires au moins, en interaction les unes avec les autres. Le développement du christianisme est à examiner comme un ensemble complexe et systémique qui souvent y introduit un regard différent sur la personne humaine. C’est dans cet ensemble que l’on peut appréhender les logiques de diffusion du message chrétien, à commencer par sa première langue d’expression orale. Cette région du monde, l’Eurasie, est enfin amenée à prendre une place économique et politique cohérente avec son poids démographique.


Adresse
23, place Carnot
69002 Lyon
Tél.
04 72 32 67 12
Mail
myevadian@univ-catholyon.fr

Organisation

Structure(s) de rattachement
Pôle facultaire de Lettres et langues
  • Maxime Yevadian, historien, arménologue, maître de conférences et titulaire de la chaire d’arménologie de l’Université catholique de Lyon, travaille sur les échanges politiques, économiques, culturel et religieux dans le Moyen-Orient de la fin de l’Antiquité et particulièrement sur les routes de la soie.
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  • Laurent Gédéon, spécialiste de la géopolitique de l’Asie (Chine – Vietnam), enseignant chercheur à l’UCLy et à l’ENS de Lyon
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  • Cécile Campergue, ethnologue et sociologue, spécialiste du bouddhisme tibétain et occidental. Chargée de cours en anthropologie à l’UCLy et responsable du DU (IFER- Dijon et UCLY) « Faits religieux, éducation et laïcité ». Post-doctorante au GSRL (Groupe Sociétés-Religions-Laïcités, EPHE-CNRS, Paris)
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