[SÉMINAIRE] La pensée métisse face à la mondialisation : difficile et urgente exigence

Publié le 15 juillet 2019 Mis à jour le 15 juillet 2019

Séminaire organisé par le Département de Psychologie-SHS (Université Catholique de Lyon) et l’ORSPERE-SAMDARRA (CH le VINATIER), autour de Jean FURTOS, psychiatre des hôpitaux honoraire, Directeur scientifique honoraire de l’ONSMP, Orspere-Samdarra et François LAPLANTINE, professeur émérite d’anthropologie, Université Lyon 2

Il faut avoir l’audace de dépasser le métissage en tant que réalité biologique. La pensée métisse appréhendée dans ce séminaire dépasse la métaphore de tout phénomène d’hybridation. Elle n’est pas non plus une variante du syncrétisme. Le métissage est un processus fragile de transformation de soi né de la rencontre des autres, révélateurs des potentialités qui sont les nôtres, non pas à être différent des autres mais de nous-même dans le temps. Dans les questions indissociablement épistémologiques, cliniques, éthiques et politiques qu’il pose, le métissage nous invite à l’expérience d’une pensée du processus, alternative à la pensée binaire, celle du signe et de la catégorie qui oppose la raison et l’émotion, l’intelligible et le sensible, les idées et les images, le signifié et le signifiant, la santé et la maladie, l’autochtone et l’étranger, « l’Occident » et les constructions fantasmatiques d’un autre absolu.
Une pensée métisse ne vise pas seulement à mettre en question les tentations différentialistes opposant le dedans et le dehors, le pur et l’impur, le nous et les autres.
Entrer aujourd’hui en métissage, c’est entrer en résistance contre la subordination à l’un : l’unité par réduction des différences (d’âge, de genre, de culture, de territoire, de croyance, de goût), l’indifférenciation, l’indifférence, un « centre » hégémonique et des périphéries subalternes, la mondialisation comme occidentalisation et mercantilisation. Tenant compte de la violence de l’économie néo-libérale et des situations de vulnérabilité et de souffrance sociale et psychologique qu’elle génère, comment ouvrir un horizon de connaissance et d’action qui ne soit ni celui des modèles visant l’intégration totale par dissolution des singularités, ni celui préconisant le repli sur les origines ?
Comment désintriquer l’universel – qui est l’un tendu vers l’autre – de l’universalisme et en particulier de l’universalisme dit « républicain » et nous affranchir du couple de l’universalisation et de la relativisation, de l’indifférenciation et de la séparation ? Comment dire l’universel à l’envers ? Non pas comme donné posé, postulé ni a fortiori imposé ; non pas comme principe mais comme processus ; non pas comme état mais comme devenir et comme éthique pour l’action.
 

Programme

  • 22 octobre : « Introduction à la pensée métisse », François Laplantine (Professeur émérite d’anthropologie de l’Université Lumière Lyon 2), Jean Furtos (Psychiatre des Hôpitaux honoraire, Directeur scientifique honoraire de l’ONSMP Orspere-Samdarra)
  • 26 novembre : « Mé-tissage : texte, texture, tisser, tresser, entrelacer. Le travail délicat du temps et du multiple », François Laplantine
  • 10 décembre : « Une approche métisse de la vie psychique et du spirituel », Jean Furtos
  • 7 janvier : « Contes et poétiques de la rencontre », Nadine Decourt (Chercheure associée, Maîtresse de Conférences HDR honoraire en anthropologie et littérature comparée, EA Passages XX-XXI, Université Lumière Lyon 2), Jean Porcherot (Conteur, Ateliers de la rue Raisin à Saint-Etienne), Pauline Franchini (Doctorante en littérature comparée, ATER à l’Université de Dijon)
  • 4 février : « La réaffirmation des frontières », Michel Foucher (Géographe, ancien ambassadeur, titulaire de la chaire de géopolitique appliquée au Collège d’études mondiales)
  • 10 mars : « Être au seuil: éthique et politique », Alexis Nuselovici (Nouss, Professeur de littérature générale et comparée, Université d’Aix-Marseille, Directeur du Groupe « Transpositions » Centre interdisciplinaire d’étude des littératures d’Aix-Marseille, EA 4235)
  • 31 mars : « Quel est l’enfoiré qui a commencé le premier ? Regards sur la Yougoslavie », Laure Borgomano (Administratrice civile hors classe du Ministère des Armées, anciennement Conseillère politique à la Représentation permanente de la France à l’OTAN)
  • 21 avril : « Entre deuil et mélancolie, le métier à tisser comme métaphore du travail de pensée », Jean-Claude Rolland (psychanalyste, membre de l’Association psychanalytique de France)
  • 12 mai : « Métisser le genre, l’apport des subjectivités trans », Denise Médico (Professeure au département de sexologie, Université du Québec à Montréal), introduction de Ludovic Souiller (Psychiatre, Centre Hospitalier du Vinatier, GRETTI)