Sémiotique et Bible n°118 - Juin 2005

Bulletin d'études et d'échanges publié par le Centre pour l'Analyse du Discours Religieux

Sommaire de la revue n°118

Qu’est-ce que parler en paraboles ? – Jean-Claude Giroud

En examinant les diverses paraboles présentes dans les récits évangéliques et en prenant appui sur Marc 4 et Matthieu 13, qui tous deux interrogent le rôle et la fonction des paraboles (et en quelques sorte exposent une « théorie » de la parabole), Jean-Claude GIROUD (CADIR LYON) fait apparaître que la parabole est régie par deux principes, permettant de cerner le dispositif d’énonciation à l’oeuvre :

  • la parabole est « adaptée » à ses auditeurs : elle n’est alors pas une opération de « dissimulation »)
  • la parabole est « adaptée » à son objet : elle n’est alors pas un exemple ou l’illustration de quelque chose, mais bien le seul mode possible de parler de ce dont il est question.

La mise en discours des paraboles, selon ces deux principes, fait apparaître la dimension performative d’une écriture qui décrit ce qu’elle fait et fait ce qu’elle raconte, et ainsi interpelle son lecteur.

Des figures dans le récit. Dispositifs paraboliques et énonciatifs dans des séquences narratives – Louis Panier

Louis PANIER (CADIR LYON) étudie dans cet article deux récits de guérisons : la femme courbée en Luc 13,10 et la fille de la femme cananéenne en Matthieu 15. Ces deux récits, simples, comportent des séquences qu’on pourrait appeler « paraboliques », des séquences discursives enchâssées qui participent à la construction de dispositifs figuratifs (séquence du boeuf et de l’âne en Lc 13, séquence des petits chiens et des miettes en Mt 15) et viennent complexifier le déploiement narratif linéaire du récit. Ces séquences prennent place en outre dans des dispositifs énonciatifs particuliers, relevant du dialogisme, qui n’introduisent pas simplement des interactions verbales ou des dialogues dans le récit, mais qui posent la question de la saisie du sens et des types de rationalités à l’oeuvre dans le discours narratif. Les figures en discours outrepassent les événements en récit.

Le « je » comme figure du discours. Une anthropologie du sujet paulinien – Pierre-Marie Beaude

P. M. BEAUDE (Université Paul Verlaine, Metz) aborde à partir d’une étude de 2 Co 12, 1-10, une réflexion sur les liens entre le narrateur d’un récit et la mise en scène du sujet comme figure du discours. Le schéma communicationnel de la narratologie (destinateur – objet – destinataire) laisse entendre – comme l’exégèse historico-critique le faisait pour l’auteur, que le narrateur est une instance éclairée, maître d’un clair « vouloir-dire » ou responsable d’une stratégie qui implique la clarté intentionnelle selon les modèles de la rhétorique ancienne qui distinguait comme deux temps successifs l’intentio et l’elocutio. Le « je » mis en scène et en discours par le narrateur ne se réduit pas à la face éclairée du sujet. On suivra dans l’analyse de 2 Co 12, 1-10 les jeux d’ombres où le sujet de trouve diffracté et on s’interrogera sur la méthodologie à mettre en oeuvre pour en pouvoir rendre compte.

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