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[CONFÉRENCE] L’autorité politique dans l’Islam indonésien : regards sur un long vingtième siècle

Publié le 27 février 2019 Mis à jour le 27 février 2019

Premier pays musulman du monde, l’Indonésie se caractérise par la pluralité de son islam.

Date(s)

le 4 avril 2019

à 18h30
Ajouter à mon agenda 04-04-2019 04-04-2019 40 [CONFÉRENCE] L’autorité politique dans l’Islam indonésien : regards sur un long vingtième siècle Premier pays musulman du monde, l’Indonésie se caractérise par la pluralité de son islam. Amphi Jolivet [K 202]
Lieu(x)

Campus Carnot

Amphi Jolivet [K 202]
Mohammad Natsir, dirigeant du parti Masjumi
Mohammad Natsir, dirigeant du parti Masjumi
Cette conférence est proposée dans le cadre des activités du laboratoire de recherche du CECR : « Autorité et régulation en islam ».

Premier pays musulman du monde, l’Indonésie se caractérise par la pluralité de son islam qui a, depuis la naissance des grandes organisations réformistes au début du vingtième siècle, influencé sa place sur la scène politique.


Argument :

La question de l’autorité légitime est, en Indonésie comme en d’autres lieux du monde musulman, au cœur des expressions de l’islam politique et de ses contradictions. Son évolution peut être observée à partir de trois moments privilégiés. Le premier, au début du XXe siècle, correspondit à la naissance du réformisme musulman qui, dans un même mouvement, entraîna un renouvellement des autorités religieuses et le retour de l’islam sur la scène politique. Cette période fut marquée par l’édification de l’ummat en une communauté sociopolitique, défendant ses intérêts dans un processus négocié. Elle marqua une rupture dans la mesure où les réformistes opérèrent une remise en cause systématique des compromis formulés par les écoles de droit, et, partant, de l’autorité des oulémas les défendant.
Le second moment, des années 1930 aux années 1970 fut celui de l’affrontement entre musulmans traditionalistes et modernistes. Les premiers prétendirent exercer une direction naturelle sur l’islam dans ses aspects strictement religieux mais sans revendiquer une participation quelconque au pouvoir politique. Les seconds, par contre, entendirent incarner les multiples figures du dirigeant islamique et voulurent être, tout à la fois, le savant et le politique, l’ouléma et le ministre.
Le troisième temps, enfin, fut celui des recompositions ayant marqué ces quatre dernières décennies. Il se caractérise par un éclatement et une remise en cause des hiérarchies religieuses traditionnelles, consécutives à l’instrumentalisation de mouvements islamistes radicaux par des forces politiques fort diverses.

 
 

Rémy MADINIER

Historien, spécialiste de l’islam indonésien, CNRS, Institut d’Asie Orientale (UMR 5062)