[Publication] Les actes du colloque "Les femmes incarcérés"

Publié le 30 mai 2016 Mis à jour le 8 février 2017

Les femmes incarcérées sont un objet d’étude traditionnellement peu observé. Elles ne représentent, il est vrai, qu’environ 3% de la population carcérale française. Pourtant, ce fait mérite l’attention en raison de ses spécificités mais également parce qu’il pose la question de l’emprisonnement.

Le faible nombre des lieux de détention dédiés aux femmes conduit souvent à les incarcérer loin de leurs proches. Parce qu’elles heurtent les représentations sociales et évoluent dans un univers exclusivement féminin, elles sont souvent oubliées.

Ces singularités, qui rendent l’entrée et le temps de détention souvent complexes, retentissent sur le comportement de ces femmes au quotidien. En effet, si l’Administration Pénitentiaire tout comme les nombreux acteurs sanitaires et sociaux conjuguent leurs efforts pour améliorer la prise en charge des femmes incarcérées, force est de constater que leur détention révèle de multiples problématiques.

Pourquoi, plus que les hommes, les femmes souffrent-elles d’une perte de lien alors qu’elles bénéficient de conditions de détention différentes ?

À partir des formes plurielles de la criminalité féminine qui permettent de mieux cerner leurs réalités, un colloque international s’est déroulé les 31 mars et 1er avril 2016 à l’Université catholique de Lyon, dans les locaux de l’ancienne prison Saint Paul. Les travaux scientifiques qui y ont été conduits, ont permis d’identifier les particularités de l’emprisonnement des femmes en retraçant leur parcours carcéral. En revenant sur les différents facteurs qui jouent un rôle dans cette mise à l’écart, ils ont laissé entrevoir, à l’aune de retours d’expériences, y compris étrangères, des pistes d’amélioration du vécu des femmes incarcérées.

Le présent ouvrage, publié dans les Presses de l’ENAP, rassemble les contributions des intervenants, universitaires et praticiens (démographe, juriste, philosophe, psychiatre, psychologue, agents de l’administration pénitentiaire), qui ont tenté de répondre à la question suivante : pourquoi les femmes incarcérées se trouvent-elles dans une situation particulièrement singulière ?