Se rendre à la radicalité, horrible de la Croix

Créé le 30 novembre 2010

Revue THÉOPHILYON

Résumé Relire trente ans après sa parution « Le verbe et la Croix » pourrait être aussi risqué qu'ouvrir une boîte de Pandore. Nombre de questions jaillissent de ces quelques pages, à peine deux cents. L'auteur de l'article en a retenu trois qui lui permettent de traverser l'ouvrage de Stanislas Breton. Il repère d'abord la forme et le contenu d'un discours chrétien, c'est-à-dire d'un commentaire du logos de la croix. Quel discours est possible si la folie, celle de Dieu, est l'unique sagesse ? Il interroge ensuite la validité de la distinction entre philosophie théologie devant le logos de la croix qui pourrait bien être fin des discours, leur croix. Enfin, il tâche d'expliciter l'interrogation de Breton quant au propre de la confession de foi chrétienne, condensée dans le dogme. Si Dieu demeure non pas seulement inaccessible mais ne revendique rien pour lui, s'efface pour servir et non être servi, les discours à son propos ne sont-ils pas réduits à la contingence voire à la misère de leurs conditions de production ? Peut-on dire de Dieu autre chose que l'exigence de justice au service des petits ? Mais alors, faut-il que cette exigence ait encore un nom divin ? Que reste-t-il de l'affirmation chrétienne ? Summary Deferring to the extreme horror of the Cross Thirty years after its issue, rereading The Verb and the Cross could be as hazardous as opening Pandora's box. Many questions shoot out from theses few pages, a mere two hundred. The author of this article has taken three of them into consideration which enable him to go through Stanislas Breton's work. First he notes the form and content of a Christian discourse, that is to say a comment on the Cross logos. What discourse is possible if madness, that of God, is the only wisdom? He then questions the validity of differentiating between Philosophy and Theology when faced with the Cross logos which might well be the end of discourses, their cross. Lasts, he attempts to explain Breton's question as far as the significance of Christian faith condensed into Dogma is concerned. If God remains not only inaccessible, but also does not look for anything for himself, withdraws to serve and not be served, are not the discourses about him reduced to the contingency, even the misery, of the conditions in which they were produced? Can one say, when talking about God, anything than the demand of justice when serving the humble? But then should this demand still have a divine name? What remains of the Christian assertion?

  • Dates
    Paru le 30 novembre 2010
  • Auteur(s)
    Patrick Royannais
  • Éditeur
    Université Catholique de Lyon
  • Références
    Tome XV-2 Stanislas Breton, la quête inachevée