Persistance et métamorphose du sacrifice

Revue Sémiotique et Bible

Dans cet article, Jacques PIERRE (UQAM - Montréal) propose une interprétation générale du sacrifice qui permet de comprendre sa permanence, voire sa résistance au sein de cultures qui nous paraissent sécularisées. Le sacrifice touche à la possibilité même du langage et à la capacité à constituer une sémiotique du monde naturel. « Le sacrifice, écrit l'auteur, est un dispositif langagier qui n'existe qu'au sein d'une pratique discursive qui transforme en signes les objets du monde. Sans cette opération de mise en discours, il n'y aurait, en ce qui concerne la victime, que perte, accident, fléau, malheur, etc. Par cette opération sacrificielle, celle-ci accède à un autre mode d'existence sémiotique. La victime trouve alors à s'incorporer à l'axiologie du groupe, à en devenir la représentation emblématique. Cette transformation du statut de la victime rejaillit à son tour sur la dispersion du groupe qui devient alors communauté langagière, c'est-à-dire un actant collectif qui rassemble les parcours figuratifs sous une même axiologie ». Le sacrifice, sous les multiples formes qu'on peut lui connaître, apparaît ainsi comme une possibilité pour les humains d'entrer dans un mode de sens.

  • Dates
    Paru le 10 mars 2012
  • Auteur(s)

    Jacques Pierre

  • Éditeur
    Université Catholique de Lyon
  • Références
    n°145