Décrire l’existence humaine : de la philosophie à l’anthropologie existentiale

Crédits ECTS 7

Contenu

Ce séminaire propose d’interroger la place de l’existence, en sciences humaines en général et en anthropologie en particulier, souvent délaissée au profit des notions comme celles de relation sociale et de représentation culturelle. Au point que l’existence humaine résonne davantage comme un questionnement philosophique plutôt qu’anthropologique. Ce séminaire souhaite explorer l’apport que peut constituer l’existentialisme philosophique et une anthropologie de la présence (A. Piette) pour la fondation d’une anthropologie existentiale.

L’anthropologie existentiale ne se circonscrit pas à une anthropologie philosophique, suite à sa perspective de fonder son approche de la question de l’existence sur une démarche empirique, conformément à une méthodologie qui l’apparente sur ce point aux sciences sociales. Il s’agit en effet en premier lieu d’observer et de décrire l’existence humaine, la manière proprement humaine d’être au monde. D’un autre côté, l’anthropologie existentiale ne se limite pas non plus à une anthropologie sociale et culturelle promouvant une approche dans laquelle l’homme se trouve absorbé dans des logiques systémiques, où la singularité d’une existence disparaît derrière sa typicalité, c’est-à-dire sa force de représentativité des logiques sociales ou des univers de représentations à l’oeuvre. L’anthropologie court alors le risque de se confondre avec l’ethnologie ou la sociologie, et de perdre ainsi sa vocation première : penser l’humain. Entendu en ce sens, le projet anthropologique croise nécessairement les préoccupations philosophiques.

Nous essaierons dans ce séminaire d’illustrer pareil croisement, en nous inspirant notamment des travaux d’Albert Piette, plus particulièrement de la notion de mode mineur de la réalité, aujourd’hui une des plus discutées en théorie anthropologique. D’abord outil méthodologique de l’anthropologue – ramenant sur le devant de la scène des détails jugés sans importance et délaissés par l’observateur (car n’étant pas jugés représentatifs d’une logique culturelle) – le mode mineur est devenu, au fil de l’oeuvre d’Albert Piette, le socle d’une anthropologie alternative inspirée d’Heidegger.

Calendrier

Lundi de 13h00 à 16h00, 1er semestre
25 septembre • 2, 16 et 23 octobre • 13 et 27 novembre • 11 décembre 2017 et 8 janvier 2018

Bibliographie

- L. Binswanger, Le Rêve et l’Existence, Desclée de Brouwer, 1954.
- L. Binswanger, Introduction à l’analyse existentielle, Minuit, 1971.
- M. Hegger, Être et Temps, Gallimard, 1986.
- K. Jaspers, Philosophie : orientation dans le monde, éclairement de l’existence, métaphysique, Springer-Verlag, 1986.
- H. Maldiney, Existence : crise et création, Encre marine, 2001.
- H. Maldiney, Penser l’homme et la folie, Millon, 1991.
- F. Pessoa, Le Livre de l’intranquillité, Christian Bourgois, 1982
- Piette, Anthropologie existentiale, Pétra, 2009.
- Piette, Propositions anthropologiques pour refonder la discipline, Pétra, 2010.
- Piette, Fondements à une anthropologie des hommes, Hermann, 2011.
- Piette, De l’ontologie en anthropologie, Berg International, 2012.
- Piette, Contre le relationnisme. Lettre aux anthropologues, Le Bord de l’eau, 2014.
- Piette, Avec Heidegger contre Heidegger. Introduction à une anthropologie de l’existence, L’Âge d’Homme, 2014.
- Woolf, Instants de vie, Stock, 1977

Informations complémentaires

Tarif : 150€