Lecture et interprétation dans l’Antiquité : Quelques paradigmes philosophiques. Notes et réflexions

Revue Sémiotique et Bible

Résumé : Pierre GIRE (Faculté de philosophie, Université catholique de Lyon) présente dans cet article quelques paradigmes philosophiques de l'Antiquité pour la question de l'interprétation. L'article présente successivement Platon, Aristote, les Stoïciens et les Sceptiques. Dans la philosophie grecque de l'Antiquité, la question de l'interprétation se trouve absorbée à l'intérieur des théories de la connaissance thématisant les rapports du sujet à lui-même, au monde, à autrui, à la divinité et au sein des logiques du discours. Platon articule la recherche de la vérité au discours dialectique. Les Dialogues platoniciens mettent en scène un « chemin long » (intersubjectivité, épreuve des hypothèses, détours mythologiques...). La forme du dialogue apparaît comme une première herméneutique qui interdit de s'en tenir à l'ordre manipulable de l'énoncé. Aristote conçoit la dialectique comme une logique de la raison scientifique, instrument de la constitution du savoir dans la pluralité de ses dimensions ; cette conception épistémologique exige une théorie du discours (analyse du langage par le langage) exposée par parties séparées dans plusieurs traités. Chez les Stoïciens, sur l'horizon de leur épistémologie du discours, on peut observer l'émergence d'un art de la divination exercé sur la vie du monde et celle de l'homme dans le cosmos. Ici se fait jour l'idée d'une possible lecture de l'événement qui signifie simultanément comme symptôme de la vie cosmique traversée par le Logos et appel adressé à l'homme pour un positionnement éthique. Dans les textes du Scepticisme ancien, nous rencontrons une philosophie du phénomène selon laquelle dans la connaissance, le rapport sujet-objet se fonde sur la sensation. Le phénomène est ce qui se donne au sujet sous le mode de l'image physique perceptible, il est « l'apparaître sensible » saisi par le sujet sans que la chose elle-même puisse être connue.
  • Dates
    Paru le 10 mars 2007
  • Auteur(s)

    Pierre Gire

  • Éditeur
    Université Catholique de Lyon
  • Références
    n°125