Le Verbe de Dieu et l'universel chrétien: l'héritage de la tradition patristique

Revue THÉOPHILYON

Résumé :

On a souvent fait valoir que les Pères de l'Église avaient pris appui sur le logos grec pour défendre l'universalité du christianisme : tantôt on y a vu le signe d'une remarquable ouverture vis-à-vis des «nations», tantôt au contraire on y a vu le signe d'une attitude ambiguë, voire même d'une dangereuse compromission qui portait atteinte au vrai message de l'Évangile.

Il importe d'autant plus de relire la manière dont les Pères ont abordé la question de l'universel dans la situation culturelle et religieuse de leur propre temps. Plus précisément, d'analyser comment leur compréhension de l'universel s'articule sur leur doctrine au sujet du Verbe de Dieu. Il faut pour cela s'arrêter sur les Pères apologistes et d'abord sur Justin, chez qui se rencontre la fameuse expression des «semences du Logo ». L'exposé s'attache également au débat d'Origène avec le philosophe Celse, un débat qui oppose deux conceptions divergentes de l'universel (et, corrélativement, deux conceptions divergentes du Logos). La question a été reprise après le «tournant constantinien» : sans ignorer les dérives auxquelles ont donné lieu certaines apologies de l'Empire chrétien, on montre comment la référence au Verbe de Dieu, bien comprise, a pu fonder une authentique conception de l'universalité chrétienne.

  • Dates
    Paru le 30 juin 2005
  • Auteur(s)

    Michel Fédou

  • Éditeur
    Université Catholique de Lyon
  • Références
    Tome X - Vol.2 - Le christianisme dans les cultures