Le premier baiser : Jacques Derrida et la mémoire chrétienne

Créé le 22 novembre 2013

Revue THÉOPHILYON

Résumé
Cet article s'attache à l'examen des rapports complexes que la pensée de Jacques Derrida entretient à l'égard du christianisme. D'une part, il s'agit de reconnaître que ce philosophe cherche à poursuivre « aussi loin que possible la nécessité d'un discours hyper-athéologique ». De ce point de vue, la pensée de Derrida résiste clairement à toute forme d'appropriation théologique et il n'est pas interdit de l'envisager comme une forme d' « athéisme radical ». D'autre part, étant entendu que la déconstruction est irréductible à une « démolition », il est aussi possible de reconnaître dans le geste philosophique de Derrida un acte de recueillement, de mémoire et de méditation du christianisme, et plus largement des religions abrahamiques. Cet article insiste sur cet immense effort de méditation déployé par Derrida, dont il faudra même se demander - question de s'amuser un peu - s'il n'est pas déjà théologique.

Summary

François Nault, The first kiss: Jacques Derrida and Christian memory
This article endeavours to scrutinize the complex relations that Jacques Derrida's thought bears with regard to Christianity. On the one hand, it must be pointed out that the philosopher intends to pursue as far as possible the necessity of a hyper atheological discourse. From this point of view, Derrida's thought clearly opposes any form of theological appropriation and one might perhaps be forgiven for thinking that it is a form of radical atheism. On the other hand, it being understood that deconstruction cannot be reduced to demolition, it is also possible to recognise an act of recollection, memory and meditation on Christianity in Derrida's philosophical gesture. This remark more widely applies to abrahamic religions. This article insists on the huge effort of meditation that Derrida puts forth, an effort of which one could wonder - by way of cracking a joke - whether it is not already theological.

  • Auteur(s)

    François Nault

  • Éditeur
    Université Catholique de Lyon
  • Références
    Tome XVIII-2 - Le Christ sans confession - Philosophie contemporaire et christianisme