La sémiotique du CADIR : de l’énoncé à l’énonciation

Revue Sémiotique et Bible

Anne PENICAUD (CADIR-LYON) publie ici une partie de l'Introduction de la thèse en théologie qu'elle a soutenue le 27 mai et dont on a rendu compte dans le n° 142 de S&B : « Advenant soumis dans l'entendre. La sémiotique énonciative à l'école de l'Épître aux Philippiens 1,1 - 2,11 ». Ce titre résume très précisément le propos de la thèse et l'enjeu de la lecture sémiotique telle que la présente et la réalise Anne Pénicaud. Il s'agit en effet de montrer comment, dans le « geste » de lecture, le lecteur comme sujet, comme énonciataire, « advient » pour autant qu'il se « soumet » à l'écoute (à « l'entendre ») de la Parole, attestée dans le texte, qui soutient les multiples jeux de l'énonciation énoncée dans le discours de l'Épître. Il s'agit donc de reconnaître au texte une nouvelle et autre référence, non pas la réalité extra-textuelle à laquelle il peut renvoyer, mais le texte lui-même en tant qu'il est lu. La lecture constitue le lieu d'émergence du sens, pour lequel elle est donc un référent de fait. La question du sens d'un texte s'en trouve déplacée, et réinscrite dans le champ de la parole.

Anne Pénicaud retrace ici l'évolution de la recherche sémiotique dans laquelle s'est engagé le CADIR, attaché à une pratique constante de la lecture. Plaçant la lecture (et le lecteur) au cœur de la question du sens, cette recherche s'est donné une orientation majeure en direction de l'énonciation en tant qu'elle convoque et structure un lecteur. On trouvera dans cet article le chemin qui conduit à la prise en compte de cette « référence », intégrant les recherches sémiotiques centrées sur les structures narratives et sur les formes figuratives. La « sémiotique énonciative » ici proposée ouvre une possibilité nouvelle de dialogue dans le champ de l'exégèse. Recevoir le sens d'un texte en rapport avec sa situation de lecture, et non plus d'écriture, situe la forme même du texte comme un référent tangible, sur la base duquel peut être examinée la question du sens. Cette forme est énonciative : c'est en tant qu'il constitue la mise en forme d'une énonciation qu'un texte peut être pris pour le référent de la lecture. Une autre partie de cette Introduction sera publiée dans le prochain numéro de Sémiotique et Bible.

  • Dates
    Paru le 10 septembre 2011
  • Auteur(s)

    Anne Pénicaud

  • Éditeur
    Université Catholique de Lyon
  • Références
    n°143