La philosophie de l’interprétation du philosophe-philologue Nietzsche

Revue Sémiotique et Bible

Résumé : Pascal MARIN (Faculté de Philosophie - Université Catholique de Lyon) montre dans cet article les particularités du projet d'interprétation de Nietzsche. Nietzsche peut être appelé « philosophe de l'interprétation » dans la mesure où il trace pour la philosophie une tâche d'interprétation dans laquelle doit se constituer le sujet. La tâche n'est pas facile que d'ouvrir à l'investigation philosophique la question de l'interprétation. Or Nietzsche est un pionnier de ce champ nouveau qui, dans la période contemporaine, va renouveler les thèmes et les démarches d'une philosophie occidentale en voie d'inanition. Cette tâche s'inscrit au plus près de la philologie et d'une attention aux mots, à la langue et à ce que la langue transforme des mots pour un sujet. « La philologie, écrit Nietzsche, est cet art vénérable qui exige avant tout de son admirateur une chose : se tenir à l'écart, prendre son temps, devenir silencieux, devenir lent, - comme un art, une connaissance d'orfèvre appliquée au mot". "Celui qui trouve le langage intéressant en soi est un autre homme que celui qui ne reconnaît en lui que le médium de pensées intéressantes (...) Le philologue lit encore les mots, nous modernes ne lisons plus que les pensées. Or, le langage est ce qu'il y a de plus quotidien ; il doit être philosophe celui qui s'en occupe". Seul un philosophe-philologue rencontrera les mots et accompagnera de sa pensée un éveil à leur présence. Pascal Marin montre le parcours d'un philosophe de la « lecture lente » : dans l'exercice quotidien de la collecte de sa propre langue, le sujet s'engendre ainsi au foyer de ce recueil.
  • Dates
    Paru le 10 mars 2007
  • Auteur(s)

    Pascal Marin

  • Éditeur
    Université Catholique de Lyon
  • Références
    n°125