L’Église catholique dans l’Espagne franquiste. Histoire d’une évolution

Créé le 8 avril 2015

Revue THÉOPHILYON

Résumé
En 2015, en Espagne, seront remémorées la mort du Caudillo Franco et la transition politique qui conduisit en douceur à la démocratie. Or le chemin de la théologie dans les quarante années qui précédèrent ces événements présente des caractéristiques significatives et universalisables pour réfléchir en théologie morale politique.La collusion première avec le franquisme, porteuse d'ambiguïtés notables, fut favorisée par les événements politiques graves de la guerre civile : sur le plan moral, les conséquences furent la mise en place sous contrainte d'un modèle de chrétienté fondé sur l'obéissance religieuse et, en strict miroir, l'obéissance aux pouvoirs civils. Le retournement, auquel le concile Vatican II soumit l'Église par l'affirmation de l'autonomie des réalités temporelles et la reconnaissance de la liberté religieuse, connut par suite un retentissement sans pareil en contexte hispanique. L'Église, son Magistère comme ses théologiens en furent radicalement transformés, convertis, et invités à revenir aux sources de l'obéissance jusqu'à reconnaître la vocation de tout homme à une liberté responsable. Cette posture nouvelle s'inscrivit profondément dans l'ecclésiologie :transformera-t-elle un jour la visée politique ? Summary The catholic church in Franco's Spain. History of an evolution In Spain in 2015, the death of Caudillo Franco will be remembered together with the political transition smoothly leading to democracy. Now, in the forty years prior to these events, the path of theology presents significant characteristics which can be made universal, in order to think in terms of political moral theology. The primary collusion with Franquism, bearing notable ambiguities, was enhanced by the serious political events of the civil war: on the moral level, the consequences were the setting up under duress of a Christian model based on religious obedience and, as a strict mirror, obedience to civil powers. The turn-around to which the Church was submitted after Vatican II, stressing the autonomy of temporal realities and acknowledging religious freedom, in the Hispanic context, has known an unequalled reverberation. The Church, its Magisterium and also its theologians, were radically transformed, converted and invited to return to the sources of obedience up to recognising the vocation of any man to responsible freedom. This new attitude was deeply imbedded in ecclesiology: will it one day transform the political aim?
  • Auteur(s)
    Mireille Hugonnard
  • Références
    Tome XX - Vol. 1