Témoignage Chantal Ropars - DU philosophie de l'ostéopathie

Publié le 5 juillet 2016 Mis à jour le 21 juillet 2017
1) Comment avez-vous eu connaissance du DU « Philosophie de l’ostéopathie » ?
J’ai écouté deux interventions très intéressantes de Jean-Marie Gueullette qui m’ont donné envie de lire son livre, puis de m’inscrire à la formation.
 
2) Pourquoi vous êtes-vous inscrit à cette formation ?
Je me suis inscrite à cette formation d’abord pour bénéficier des connaissances d’universitaires qui ont lu, interrogé et compris beaucoup sur l’ostéopathie et son histoire, l’anthropologie du corps et du soin, la philosophie et les sciences. Je souhaitais en particulier réfléchir sur l’articulation proposée entre psychanalyse et ostéopathie car il me semble important que la profession dispose d’autres outils que les systèmes d’interprétation univoques souvent utilisés.
Ma seconde motivation était de connaitre mieux l’histoire de l’ostéopathie et de repérer les ouvrages incontournables du point de vue historique, tant pour moi-même que pour le Centre de Documentation de l’Académie d’Ostéopathie.
J’étais aussi très curieuse des connaissances qui nous seraient offertes pour répondre aux questions délicates régulièrement posées aux ostéopathes concernant la scientificité de tel mécanisme ou de telle perception.
Enfin j’étais très heureuse de créer des liens avec des universitaires motivés et grands connaisseurs de l’ostéopathie. Ce n’est pas très facile à trouver !
 
3) Que vous apporte cette formation par rapport à votre formation initiale d’ostéopathe ?
L’enjeu n’est pas du tout le même. Dans la formation initiale, on apprend. Dans cette formation, on réfléchit. Certes nous découvrons (ou redécouvrons) des auteurs, nous acquérons beaucoup de connaissances. Mais l’idée principale est de réinterroger ce que nous croyons ou pensons à la lumière d’auteurs extérieurs à l’ostéopathie qui ont déjà pensé bien des concepts que nous utilisons. Ceci se fait avec le bénéfice d’avoir des introductions aux auteurs et matières déjà maitrisées par les enseignants, le tout orienté vers notre pratique et notre métier d’ostéopathe. C’est quand même une vraie grande chance !
 
4) Y a-t-il déjà pour vous une forme de mise en application de ce que vous travaillez au DU dans votre quotidien d’ostéopathe ?
La formation étant terminée, je confirme qu’il y a eu des prises de conscience qui m’ont beaucoup intéressée. Par exemple, une observation anthropologique de mon cabinet m’a indiqué des traits spécifiques de ma façon d’être ostéopathe : l’antipsychiatrie et le soin palliatif trament mes liens avec les patients, très empreints de confiance dans l’autoréparation et dans les qualités d’être des patients.
J’ai aussi beaucoup observé ma pratique et interrogé mes perceptions : sont-elles vraiment faites d’allers-retours entre le patient et moi ? C’est très stimulant d’interroger ce qu’on fait au quotidien à la lumière d’une nécessaire élaboration pour vouloir en parler. Il faut penser, douter, s’observer par surprise. Pour ceux qui auraient oublié de se surprendre dans leur métier d’ostéopathe, c’est un cocktail très vitaminé !


 
5) Que pensez-vous de l’articulation entre réflexion philosophique et travail pratique durant la formation ?
La pratique dans la formation a servi à créer du lien, à sentir d’autres touchers ostéopathiques, à trouver d’autres façons de figurer nos perceptions et même sentir ce que je n’avais jamais senti de ma vie… mais je n’en dis pas davantage ! Cela a sans doute participé beaucoup au fait que jamais il n’a été question des fameuses catégories d’ostéopathes habituelles. Au contraire, cette rencontre des stagiaires entre eux et avec les enseignants a créé des liens véritables.
 
6) Comment cette formation vient questionner votre activité professionnelle ?
J’arrivais avec beaucoup de questions. Je repars avec des réponses et beaucoup d’autres questions avec des éléments de réponse qui se dévoilent, au fil des lectures, des rencontres, des échanges qui ne manquent certes pas dans la formation et qui continueront ensuite. De cela sont nées deux projets concrets qui me semblent très stimulants dans le cadre de l’évolution actuelle de l’ostéopathie. La rédaction du mémoire est un bon tremplin pour y réfléchir !
 
7) Lors des sessions, quelle est la thématique qui vous a le plus marqué et pourquoi ?
Sans doute j’ai le plus été touchée par la philosophie de l’être et du langage, parce que ces sujets questionnent très directement notre relation au quotidien avec les patients. Mais pour cette raison également, l’éthique m’est apparue très précieuse car nous avons nommé précisément des attentions qui m’apparaissent primordiales dans le soin. La philosophie des sciences était un parcours passionnant et très riche pour s’orienter très différemment dans la notion de preuves concernant l’ostéopathie.
 
8) Que souhaitez-vous dire à des ostéopathes qui découvrent l’existence de cette formation ?
Même si on ne sait jamais tout à fait par avance ce qu’on trouve dans une formation, il reste bien vraisemblable que les expertises dont vous serez entourés enrichiront votre réflexion et votre pratique.
C’est en tous cas le bilan unanime de notre groupe. Pour ma part, il me semble que ce parcours favorise en outre une émergence de soi.

Et si vous hésitez, lisez le livre de Jean-Marie Gueullette, L’Ostéopathie, une autre médecine, ou Guérir, une quête contemporaine de Laurent Denizeau et Jean-Marie Gueullette. Je crois qu’ensuite vous saurez s’il faut vous laisser tenter !