Marjolaine Bouaissier, étudiante au DU Philosophie de l'ostéopathie

Publié le 2 mars 2015 Mis à jour le 21 juillet 2017

" La transdisciplinarité permise par les différentes compétences de nos intervenants est très fertile et ouvre la réflexion sur l'ostéopathie, la santé et le vivant bien au-delà de ce qui est admis actuellement dans les établissements d'enseignement. "

Pourquoi vous être inscrit au DU « Philosophie de l'ostéopathie » ?

Suite aux séminaires de réflexion sur la perception que j'avais suivis l'année précédente à l'UCLy, il me paraissait fondamental d'approfondir la compréhension du concept ostéopathique pour en comprendre son essence. À la lumière de la philosophie, la biologie, l'anthropologie, ce DU m'est tout de suite apparu comme la façon la plus complète et la plus pertinente de répondre à cette attente.

Que vous apporte cette formation par rapport à votre formation initiale d'ostéopathe ?

Étant en charge des cours de philosophie de l'ostéopathie dans une école lyonnaise, il me fallait acquérir un champ de connaissances plus vaste que celui qui m'a été transmis pendant mes études et surtout une méthodologie de travail et de recherche. La transdisciplinarité permise par les différentes compétences de nos intervenants est très fertile et ouvre la réflexion sur l'ostéopathie, la santé et le vivant bien au-delà de ce qui est admis actuellement dans les établissements d'enseignement.



Y a-t-il déjà pour vous une forme de mise en application de ce que vous travaillez au DU dans votre quotidien d'ostéopathe ?


Au-delà de l'application théorique par l'enseignement de la philosophie de l'ostéopathie aux élèves de l'école, ce travail de réflexion modifie profondément ma façon de travailler. Sans apprendre de technique, le fait d'appréhender le vivant autrement que par l'anatomie et la physiologie conditionne une posture de soin tout à fait différente.

Que pensez-vous de l'articulation entre réflexion philosophique et travail pratique durant la formation ?
La pratique est un bon support de réflexion. Si les exercices paraissent parfois loin des perceptions que l'on expérimente en cabinet, ils sont toujours vecteurs de concepts alimentant de riches débats.

Comment cette formation vient questionner votre activité professionnelle ?

La formation remet en cause beaucoup de connaissances que je comprends avoir apprises sans réellement les comprendre. Elle met en lumière les incohérences de certaines lignes directrices de la profession considérées pourtant comme des acquis, notamment au niveau des sciences, met le doigt sur les difficultés de communication rencontrées par le milieu et propose un autre mode de réflexion sur la recherche que celui récupéré au milieu médical et qui semble ne pas pouvoir s'appliquer en ostéopathie.

Lors des sessions, quelle est la thématique qui vous a le plus marqué et pourquoi ?

Toutes les thématiques sont passionnantes, de la représentation du corps à la perception, de la conscience à la communication. Il n'y a rien à jeter !

« Que souhaitez-vous dire à des ostéopathes qui découvrent l'existence de cette formation ? »

Je souhaiterais leur dire que si on considère l'ostéopathie non pas comme une série de techniques mais comme une véritable philosophie, il est primordial de faire l'effort de comprendre les racines des concepts que l'on vectorise sans toujours les comprendre. Le champ des possibles qui s'ouvre alors transcende incroyablement le simple cadre du consensus ostéopathique actuel.