Luc Le Moal, étudiant au DU philosophie de l'ostéopathie

Publié le 7 avril 2015 Mis à jour le 21 juillet 2017

"les cours et morceaux, soigneusement, choisis, sur lesquels nous travaillons, sont de beaux ferments d'ouverture et de croissance pour notre identité d'ostéopathe."

Luc Le Moal - Étudiant DU Philosophie de l'ostéopathie

Luc Le Moal - Étudiant DU Philosophie de l'ostéopathie

Pourquoi vous être inscrit au DU « Philosophie de l'ostéopathie » ?

L'appartenance à deux groupes de réflexion philosophiques depuis 2 ans, m'a fait entrevoir, par transposition, la richesse de la dynamique philosophique pour la compréhension de l'ostéopathie. La rédaction en cours d'un travail sur l'ostéopathie me montrait les limites de mes connaissances. Cette proposition de DU tombait bien dans ma vie pour m'aider à progresser.

Que vous apporte cette formation par rapport à votre formation initiale d'ostéopathe ?

Un élargissement et un approfondissement de mes connaissances, une ouverture d'esprit. Je note  d'un côté, des confirmations sur ma manière de travailler en tant qu'observateur de la vie des tissus et de l'autre des remises en question sur ma manière de penser. J'entrevois des perspectives d'avenir qui interpellent les fondements philosophiques de mon travail en particulier pour l'expérimentation.

Y a-t-il déjà pour vous une forme de mise en application de ce que vous travaillez au DU dans votre quotidien d'ostéopathe ?

Je ne sens pas encore vraiment de mises en application pour mon quotidien d'ostéopathe clinicien, mais plutôt un infléchissement dans ma manière de penser, comme prendre à la fois de la hauteur et de la simplicité.

Que pensez-vous de l'articulation entre réflexion philosophique et travail pratique durant la formation ?

J'apprécie beaucoup l'ouverture qui est faite au cours de cette formation dans des domaines qui interpellent la philosophie par la mise en jeu de certaines formes d'expérimentations qui ne se réduisent pas aux TP d'ostéopathie ; je pense,  par exemple, à la visite du musée de la soie, et dernièrement à ces expériences de rédaction de textes.

Comment cette formation vient questionner votre activité professionnelle ?

Le questionnement le plus important ne touche pas encore la dimension clinique de mon activité mais plutôt  le travail rédactionnel que je poursuis et dont j'approfondis la complexité et la richesse infinie...

 


Lors des sessions, quelle est la thématique qui vous a le plus marqué et pourquoi ?


L'intersubjectivité est sans doute un élément important pour moi dans la mesure où, c'est à partir de ce type de  raisonnement que se fonde l'application d'une partie de la méthode d'évaluation que j'utilise auprès de mes patients. J'ai pu mettre des mots sur des pratiques mises en place empiriquement depuis longtemps.
Dans un autre domaine, la proximité de notre travail manuel avec la psychanalyse m'interpelle : j'avais déjà écrit quelques lignes là-dessus vers 1986, dans un petit article rédigé à l'intention des kinésithérapeutes alors que j'étais en 1ère année d'ostéopathie. La démonstration que fait Freud pour essayer de faire reconnaitre par le monde scientifique l'inconscient, fait un bel écho à mon souci de faire reconnaitre la réalité de certaines perceptions ostéopathiques.
Enfin, la notion de falsifiabilité m'interroge beaucoup, en particulier, le fait que la modélisation ne soit pas falsifiable, si j'ai bien compris  Karl Popper.

« Que souhaitez-vous dire à des ostéopathes qui découvrent l'existence de cette formation ? »

J'aime cet esprit de recherche philosophique, menée avec rigueur, dans un climat de présence et d'attention  mutuelle, presque familiale,  au sens ostéopathique du terme.
Et les cours et morceaux, soigneusement, choisis, sur lesquels nous travaillons, sont de beaux ferments d'ouverture et de croissance pour notre identité d'ostéopathe.