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Retour en vidéo sur le cycle de conférences de la Chaire Jean Bastaire : La réception de l’encyclique Laudato si’ dans la militance écologique

Publié le 29 novembre 2016 Mis à jour le 5 décembre 2016

Le cycle de conférences La réception de l’encyclique Laudato si’ dans la militance écologique de la Chaire Jean Bastaire s'est achevé le mardi 29 novembre.

Pour ceux qui souhaitent voir ou revoir une conférence, elles ont été filmé et sont disponible ci-dessous et sur la chaîne Youtube de l'Université Catholique de Lyon.

Conférence 1

Une lecture de Laudato si’ 
Par Serge Latouche, le mardi 18 octobre
Proclamé par beaucoup comme « Pape de la Décroissance », Serge Latouche est l’un des principaux penseurs français de la décroissance, avec de nombreux ouvrages sur le sujet au compteur. Économiste de formation, il est un contributeur important du Mouvement antiutilitariste en sciences sociales (MAUSS) et dirige depuis 2013 la collection « Les précurseurs de la décroissance » aux éditions Le Passager clandestin. Athée, il observe avec un intérêt critique l’Église catholique. Il a reçu avec enthousiasme l’encyclique Laudato si’, dont les propositions sont en phase avec le discours des objecteurs de croissance. Il constate toutefois les limites de l’encyclique, liées aux questions de la démographie, de la notion de développement et de la continuité présumée avec la doctrine sociale de l’Église.
 
 

Conférence 2 

Laudato si’ : une encyclique pour les agnostiques ?
Par Alain Lipietz, le mardi 8 novembre
Parce qu’elle ne fait appel ni à une « loi naturelle » imaginaire, ni à une Révélation contestée, mais simplement à un principe de responsabilité et à un principe d’espérance,  l’encyclique papale est enfin allée droit au coeur des militants écologistes et altermondialistes, croyants ou non. Certes, « la place était à prendre » faute de grands intellectuels incarnant aujourd’hui ce mouvement. Techniquement, l’encyclique s’inspire de l’écologisme progressiste latinoaméricain. Mais au-delà, elle a su s’adresser à ce que peut être la foi d’un agnostique.


 

Conférence 3

Convergences islamo-chrétiennes autour des problématiques de l’écologie
Par Mohammed Taleb, le mardi 15 novembre
Philosophe musulman, Mohammed Taleb enseigne l’écopsychologie à Lausanne et préside l’association « Le singulier universel », qui se consacre au dialogue des cultures et des spiritualités. Il est l’auteur d’ouvrages qui relient écologie et spiritualité, parmi lesquels Éloge de l’Âme du monde et Nature vivante et âme pacifiée. Il a reçu avec beaucoup d’intérêt l’encyclique Laudato si’ qui dépasse une approche purement environnementaliste de l’écologie et apporte un regard de l’écologie vue du Sud, emprunt de la théologie de la libération. Il y voit également l’ouverture d’une convergence islamo-chrétienne autour des problématiques de l’écologie, du Bien commun et du dépassement de la civilisation mercantile.

La conférence de Monsieur Taleb n'a pas été filmée.
 

Conférence 4

 
Le séisme d’une encyclique
Par Corinne Morel-Darieux, le mardi 22 novembre
Engagée de longue date contre les mécanismes culturels et économiques de destruction des êtres humains comme des écosystèmes, Corinne Morel-Darleux a ressenti les répliques
du « séisme Laudato si’ » dans les milieux écologistes, anticapitalistes et laïques. L’enjeu du climat pose aujourd’hui la question des conditions mêmes de vie humaine sur Terre, il refonde dès lors un intérêt général humain à préserver la biosphère. En ce sens, l’encyclique constitue un point d’appui : en faisant le lien entre urgence sociale et environnementale, en pointant la responsabilité morale de la finance internationale, en critiquant le court-termisme des politiques actuelles, le pape François renvoie la conscience chrétienne à son propre examen. Mais le défi climatique réclame des actes politiques urgents, et l’impératif d’universalisme qu’il pose reste un chemin parsemé d’embûches et de contradictions dans l’univers religieux.
 


 

Conférence 5 

Laudato si’ une encyclique pour les peuples premiers ?
Par Florence Leray, le mardi 29 novembre
Florence Leray, qui a vécu au Mexique avec les Indiens Lacandon, s’intéresse particulièrement à la manière dont les peuples premiers peuvent nous inspirer pour repenser notre rapport au monde. Dans l’encyclique Laudato si’, le pape François lui-même fait référence aux communautés aborigènes qui considèrent la Terre non pas comme un « bien économique », mais comme un « espace sacré » avec lequel nous interagissons. À la lumière de Martin Heidegger et de Philippe Descola, Florence Leray propose de repenser la question des limites et le clivage entre l’homme et la nature. Par-delà l’heuristique de la peur, est-il possible aujourd’hui de concevoir une pensée du lien, plus propice à susciter l’enthousiasme ?