La pensée métisse face à la mondialisation : difficile et urgente exigence.

Crédits ECTS 7

Responsables

Dirigé par Jean FURTOS (psychiatre des hôpitaux honoraire) et François LAPLANTINE (professeur émérite d’anthropologie de l’Université Lyon 2).

Contact(s)

Centre Interdisciplinaire d'Éthique
23 place Carnot
69002 Lyon
04 72 32 50 22
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Contenu

Le métissage tel qu’appréhendé dans ce séminaire dépasse la métaphore biologique ou tout phénomène d’hybridation. Il n’est pas non plus un avatar du syncrétisme. Le métissage est un processus fragile de transformation de soi né de la rencontre des autres, révélateurs des potentialités qui sont les nôtres non pas à être différent des autres mais de nous-mêmes dans le temps. Dans les questions indissociablement épistémologiques, cliniques, éthiques et politiques qu’il pose, le métissage nous invite à l’expérience d’une pensée métisse – comme pensée du processus – alternative à la pensée binaire, pensée du signe et de la catégorie qui oppose la raison et l’émotion, l’intelligible et le sensible, les idées et les images, le signifié et le signifiant, la santé et la maladie, l’autochtone et l’étranger, « l’Occident » et les constructions fantasmatiques d’un autre absolu. Ainsi, une pensée métisse ne vise pas seulement à mettre en question les tentations différentialistes opposant le dedans et le dehors, le pur et l’impur, le nous et les autres. Entrer aujourd’hui en métissage c’est aussi entrer en résistance contre la subordination à l’un : l’unité par réduction des différences (d’âge, de genre, de culture, de territoire, de croyance, de goût), l’indifférenciation, l’indifférence, un « centre » hégémonique et des périphéries subalternes, une mondialisation comme occidentalisation et mercantilisation. Tenant compte de la violence de l’économie néo-libérale et des situations de vulnérabilité et de souffrance sociale et psychologique qu’elle génère, comment ouvrir un horizon de connaissance et d’action qui ne soit ni celui des modèles visant l’intégration totale par dissolution des singularités ni ceux préconisant le repli sur les origines ? Comment désintriquer l’universel – qui est l’un tendu vers l’autre – de l’universalisme et en particulier de l’universalisme dit « républicain » et nous affranchir du couple de l’universalisation et de la relativisation, de l’indifférenciation et de la séparation ? Comment dire l’universel à l’envers ? Non pas comme donné posé, postulé ni a fortiori imposé. Non pas comme principe mais comme processus. Non pas comme état mais comme devenir et comme éthique. Au-delà de la clinique et de la diversité des terrains, la notion de métissage paraît littéralement vitale pour penser le vivre-ensemble dans les institutions où nous travaillons comme dans le monde où nous vivons.
 

Calendrier

Jeudi de 17h00 à 19h30 - Campus Saint-Paul
20 octobre • 17 novembre • 15 décembre 2016,
19 janvier • 16 février, 16 mars • 13 avril • 18 mai • 22 juin 2017.

Bibliographie


Contrôles des connaissances


Informations complémentaires

Intervenants

  • - Laurent Denizeau (anthropologue, CIE),
  • - Laure Mayoud (psychologue au Point Ecoute de l’UCLy, enseignante, CIE),
  • - Abderrahmane Moussaoui, (Pr. d’anthropologie, Lyon 2),
  • - Marina Rougeon (chercheure en anthropologie, Centre et Laboratoires de recherche Cultures-Arts-Sociétés, Université Laval, Québec),
  • - Jorge Santiago (Pr. d’anthropologie, Lyon 2),
  • - Halima Zeroug-Vial (psychiatre, directrice de l’Orspere-Samdarra, chef de service au CH le Vinatier)

Lieu

Ce séminaire aura lieu à l’Université Catholique de Lyon,
Campus Saint Paul, 10 place des Archives 69002 Lyon
Amphi Suzanne Aubert A 154

Droits d'inscription

- Gratuit pour les étudiants ;
- Pour l’intégralité du séminaire 70€

Ce séminaire est un séminaire de recherche. Pour cette raison, les places sont limitées. Merci de motiver votre demande d’inscription par une lettre.

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