Cycle de conférences « La réception de l’encyclique Laudato si’ dans la militance écologique »

Publié le 1 juillet 2016 Mis à jour le 5 juillet 2016
Parmi les événements qui ont marqué l’actualité de l’écologie en 2015, il y a eu la COP 21 et l’encyclique Laudato si’ du Pape François. Ces deux événements ont fait à leur manière l’objet d’un engouement certain dans les milieux de militance écologique. Le premier pour susciter l’intérêt du public pour les enjeux du réchauffement climatique, le second aussi, mais avec un certain effet de surprise : les catholiques ne sont pas si étrangers qu’il n’y paraît aux enjeux écologiques. Le pape François l’a clairement signifié, son encyclique avait pour but de sensibiliser les chrétiens aux enjeux de la COP 21 en montrant comment le souci de la planète était une dimension pleine et entière découlant de la foi chrétienne. Par la pertinence de ses propositions et par la crédibilité de ses analyses appuyées sur les références scientifiques les mieux établies, l’encyclique du Pape François a été accueillie avec une bienveillance parfois critique, dans les milieux de militance écologique. Ce cycle de conférence de la Chaire Jean Bastaire, organisé en partenariat avec l’association lyonnaise Chrétien et Pic de Pétrole, propose d’explorer cette réception de l’encyclique avec des personnalités issues de ces courants.
 
Une lecture de Laudato si’
Mardi 18 octobre 2016 - 18h30-20h30
Serge Latouche, économiste et philosophe

Proclamé par beaucoup comme « Pape de la Décroissance », Serge Latouche est l’un des principaux penseurs français de la décroissance, avec de nombreux ouvrages sur le sujet au compteur. Économiste de formation, il est un contributeur important du Mouvement anti-utilitariste en sciences sociales (MAUSS) et dirige depuis 2013 la collection « Les précurseurs de la décroissance » aux éditions Le Passager clandestin. Athée, il observe avec un intérêt critique l’Église catholique. Il a reçu avec enthousiasme l’encyclique Laudato si’, dont les propositions sont en phase avec le discours des objecteurs de croissance. Il constate toutefois les limites de l’encyclique, liées aux questions de la démographie, de la notion de développement et de la continuité présumée avec la doctrine sociale de l’Église.
 
Laudato si’ : une encyclique pour les agnostiques ?
Mardi 8 novembre 2016 - 18h30-20h30
Alain Lipietz, Europe Écologie les Verts

Parce qu’elle ne fait appel ni à une « loi naturelle » imaginaire, ni à une Révélation contestée, mais simplement à un principe de responsabilité et à un principe d’espérance, l’encyclique papale est enfin allée droit au cœur des militants écologistes et altermondialistes, croyants ou non. Certes, « la place était à prendre » faute de grands intellectuels incarnant aujourd’hui ce mouvement. Techniquement, l’encyclique s’inspire de l’écologisme progressiste latino-américain. Mais au-delà, elle a su s’adresser à ce que peut être la foi d’un agnostique.
 
Convergences islamo-chrétiennes autour des problématiques de l’écologie
Mardi 15 novembre 2016 - 18h30-20h30
Mohammed Taleb, philosophe, Lausanne

Philosophe musulman, Mohammed Taleb enseigne l’écopsychologie à Lausanne et préside l’association « Le singulier universel », qui se consacre au dialogue des cultures et des spiritualités. Il est l’auteur de nombreux ouvrages qui relient écologie et spiritualité, parmi lesquels Éloge de l’Âme du monde et Nature vivante et âme pacifiée. Il a reçu avec beaucoup d’intérêt l’encyclique Laudato si’ qui dépasse une approche purement environnementaliste de l’écologie et apporte un regard de l’écologie vue du Sud, empreint de la théologie de la libération. Il y voit également l’ouverture d’une convergence islamo-chrétienne autour des problématiques de l’écologie, du Bien commun et du dépassement de la civilisation mercantile.
 
Le séisme d’une encyclique
Mardi 22 novembre 2016 - 18h30-20h30
Corinne Morel-Darleux

Corinne Morel-Darleux est Conseillère régionale et secrétaire nationale du PG. Basée dans la Drôme, elle vit et écrit au contact du Vercors et défend un écosocialisme empreint d’alternatives, de poésie et de résistances. Engagée de longue date contre les mécanismes culturels et économiques de destruction des êtres humains comme des écosystèmes, elle a ressenti les répliques du « séisme Laudato si’ » dans les milieux écologistes mais aussi anticapitalistes et laïques. Parce que l’enjeu du climat pose aujourd’hui la question des conditions mêmes de vie humaine sur Terre, il refonde dès lors un intérêt général humain à préserver la biosphère. En ce sens, l’encyclique constitue un point d’appui : en faisant le lien entre urgence sociale et environnementale, en pointant la responsabilité morale de la finance internationale, en critiquant le court-termisme des politiques actuelles, le pape François renvoie la conscience chrétienne à son propre examen. Mais le défi climatique réclame des actes politiques urgents, une prise de conscience concrète, et l’impératif d’universalisme qu’il pose reste un chemin parsemé d’embûches et de contradictions dans l’univers religieux.
 
Laudato si’ une encyclique pour les peuples premiers ?
Mardi 29 novembre 2016 - 18h30-20h30
Florence Leray

Professeur de philosophie, journaliste spécialisée dans les questions écologiques et Rédactrice en chef du Bulletin de l’Institut métapsychique international (IMI), Florence Leray, qui a vécu au Mexique avec les Indiens Lacandon, s’intéresse particulièrement à la manière dont les peuples premiers peuvent nous inspirer pour repenser notre rapport au monde. Dans l’encyclique Laudato si’, le pape François lui-même fait référence aux communautés aborigènes qui considèrent la Terre non pas comme un « bien économique », mais comme un « espace sacré » avec lequel nous interagissons. À la lumière de Martin Heidegger et de Philippe Descola, Florence Leray propose de repenser la question des limites et le clivage entre l’homme et la nature. Par-delà l’heuristique de la peur, est-il possible aujourd’hui de concevoir une pensée du lien, plus propice à susciter l’enthousiasme ?
 

Tarifs


Pour une conférence :
- Individuel : 15€
- Étudiants : 8€

A partir de 3 conférences (prix par conférence) :
- Individuel : 10€
- Étudiants : 5€

Formation continue : 100€ pour l'ensemble du cycle