Christianisme et politique chez H. Arendt et S. Weil

Revue THÉOPHILYON

Résumé Dans son interprétation du totalitarisme comme dans sa philosophie politique, H. Arendt semble, à l'inverse de S. Weil, poser une relation d'exclusion mutuelle entre politique et religion. Pourtant, on peut constater une double convergence. D'une part, S. Weil développe une critique philosophique du rapport entre christianisme et histoire qui se rapproche de bien des remarques d'H. Arendt. D'autre part, H. Arendt établit un parallèle discret, mais fondamental, entre le message évangélique et sa propre philosophie de la liberté (exprimé par les concepts de « natalité », de « pardon » ou de « promesse »). Critique de l'histoire et foi en la possibilité incessante d'un « jaillissement » créateur peuvent alors aider à confronter les thèmes d'une philosophie de « l'action », et ce que Blondel proposait d'appeler « l'Esprit chrétien ». Summary Christianity and politics according to H. Arendt and S. Weil In her interpretation of totalitarianism as in her political philosophy, H. Arendt seems - as opposed to S. Weil - to place a mutually exclusive relationship between politics and religion. Even so, a double convergence may be noted. On the one hand, S. Weil develops a philosophical criticism of the relationship between Christianity and history, which is close to some of H. Arendt's remarks. And, H. Arendt establishes a discrete but basic parallel  between the evangelical message and her own philosophy of freedom (expressed by the concepts of  birth, forgiveness and  promise). A criticism of history, and faith in the ever-present possibility of a creative outpouring enables the confrontation of themes within a philosophy of action and what Blondel suggested might be termed the Christian Spirit.

  • Dates
    Paru le 31 mai 2000
  • Auteur(s)
    Emmanuel Gabellieri
  • Éditeur
    Université Catholique de Lyon
  • Références
    Tome V -2 Le christianisme et les philosophes