Autobiographie et vérité : une illusion littéraire ?

Créé le 31 janvier 2013

Revue THÉOPHILYON

Résumé
Mémoires, journaux intimes, confessions ..., chacun n'est-il pas le plus approprié à pouvoir parler en vérité de soi et de sa propre vie ? Et la France, qui fait du genre autobiographique, sous toutes ses formes, le plus honoré de tous les genres littéraires, a même créé à Ambérieux un véritable conservatoire d'archives autobiographiques ; ainsi n'importe quel Français peut y déposer sa propre production. Pourtant, parmi les grands chefs-d'œuvre qui font la littérature d'une langue, le genre autobiographique est celui qui en fournit le moins, en France comme ailleurs. Menacé par la banalité et l'insignifiance, l'ennui qu'il génère le plus souvent confirme sa médiocrité d'écriture. Malgré cela, l'histoire et les historiens font leur miel de cette « littérature » empruntée non tant à ses médiocres auteurs qu'aux témoins inconscients qu'ils peuvent parfois être. La partie est-elle perdue d'avance ? A moins que d'autres raisons que soi-même, d'autres vertus d'écriture, entre humour et colère, n'imposent ici une urgence enfin justifiée.

Summary
Autobiography and truth: a literary illusion ?
Memories, intimate diaries, confessions .... Is not each one of us best fit to truly be able to speak of himself or his own life? And France which makes of the autobiographic order, in all its forms, the most honoured of all literary orders, even created in Amberieux a genuine conservatory of autobiographical archives. Thus any Frenchman can hand his own production in. However, among the great masterpieces that make up the literature of a language, the autobiographical order is that which supplies the smallest quantity, in France as elsewhere. Threatened by triteness and insignificance, the boredom it generates most often confirms its literary mediocrity. Notwithstanding that, history and historians savour to the utmost this literature borrowed not as much from the dull authors but rather from the unconscious witnesses that, they sometimes may be. Is not the game lost beforehand? This is unless reasons other than oneself, other literary virtues, somewhere between humour and wrath, demand here an urgency which is ultimately justified.
 

 

  • Auteur(s)
    Pierre Gibert
  • Éditeur
    Université Catholique de Lyon
  • Références
    Tome XVII-2 - Au nom de la vérité