Aspects de la pensée politique des pères cappadociens

Créé le 8 avril 2015

Jean Reynard

Résumé

Même s'ils sont avant tout théologiens et exégètes et ne s'intéressent que marginalement aux questions que pose le rapport du politique et du religieux, les Pères cappadociens Grégoire de Nazianze, Basile de Césarée et Grégoire de Nysse ont été confrontés, dans la seconde moitié du IVe siècle, au défi du néo-arianisme activement soutenu par la politique impériale dans un Empire devenuchrétien avec Constantin. Cette expérience les a conduits à préciser le rôle qu'ils entendaient voir jouer aux gouvernants. Ils reconnaissent la légitimité de leur pouvoir et ne contestent pas l'ordre social dont ils sont les garants naturels, eux qui doivent à Dieu leur pouvoir. Il n'empêche que celui-ci doit être encadré. Sur le plan religieux, ils admettent l'intervention du souverain qui partage leur foi, mais, en cas de désaccord, se font les défenseurs de la doctrine qu'ils jugent orthodoxe et n'hésitent pas à s'opposer directement aux empereurs. Enfin, ils dressent en pointillé le portrait du souverain qu'ils appellent de leur voeu, un souverain qui, comme représentant de Dieu sur terre, doit se conformer au modèle moral du bon roi, tel qu'on le trouve égalementdécrit par les contemporains païens.

Summary

Facets of the Cappadocians fathers' political thinking
During the second half of the IVth century, the Cappadocian fathers, Gregory of Nazainze, Basil of Caesarea and Gregory of Nyssa were faced with the challenge of neo Aryanism which was actively upheld by the imperial policy in an empire converted to Christianity with Constantine. They were, however, theologiansand exegetists and were only marginally concerned with questions
arising from the relations between the political and religious fields. This experience led them to more precisely state the role they were expecting the governing bodies to play. They recognised that their power was legitimate and did not contest the established social order of which they were the warrants as they owed it to God. Nevertheless, this was to take place within a framework. On a religious level, they accepted the intervention from a Lord who shared their faith, but, in case of a disagreement, they became defenders of the doctrine they deemed orthodox and did not hesitate in directly opposing the emperors. Finally they drew up the sketch of the Lord that they wished for, a Lord who, as he was representing God on earth, had to comply with the moral model of the good king, as alsodescribed by contemporary heathens.
  • Auteur(s)
    Jean Reynard
  • Références
    Tome XX - Vol. 1